HALIMATOU KEITA

Je suis Blogueuse

HALIMATOU KEITA

Je suis une sociologue de la famille et de l'éducation et une étudiante en communication et relations publiques. Éprise de justice, et une passionnée de rédaction d'articles, j'ai décidé de mettre en œuvre cette passion au profit de l'intérêt général. Le but de mon blog est de porter un regard critique sur la réalité sociale afin de mettre à nu les injustices sociales qui sont normalisées, banalisées. En mettant en place ce blog, je me fixe comme objectif de promouvoir une société juste où les droits humains sont minutieusement respectés. Notre cible est principalement la société sénégalaise mais aussi de manière générale la société africaine et occidentale. Des thèmes illimités en lien direct avec le quotidien des individus seront abordés.

Me

MERCI DE VOUS ABONNER

Mes Compétences Professionnelles

Audit et élaboration de plan de communication, Gestion des réseaux, Rédactrice web, Création de contenus: montage photos et vidéos, Analyse et production d'articles sur les phénomènes sociaux, Événementiel, Rédaction de communiqué de presse, allocution, d'infolettre, de lettre d'opinion.

Gestion de Communauté 90%
Rédactrice Web
Audit et élaboration de plan de communication 70%
Gestion de crise 85%
Relation presse 85%

SOCIOLOGIE DE LA FAMILLE ET DE L'ÉDUCATION

Fournir des services de consultation, d'analyse et de recherche dans les domaines de la famille et de l'éducation, en mettant l'accent sur la compréhension des dynamiques familiales et des systèmes éducatifs.

COMMUNICATION ET RELATIONS PUBLIQUES

Offrir des services d’audit et d’élaboration de stratégie de communication et/ ou de marketing efficaces aux organisations et aux individus afin de vous aider à atteindre vos objectifs de communication que cela soit pour un renfoncement de la notoriété de votre marque, pour la préservation ou le renfoncement de votre positionnement, pour la consolidation des liens avec vos publics cibles, pour une gestion de crise, une communication événementielle ou pour une rentabilité de votre business, pour l’acquisition de nouveaux sponsors etc…

RÉDACTION D'ARTICLES

Proposer des services de rédaction de communiqué presse, de lettre d’opinion, de dossiers de presse, de pitch de vente pour produits et services, d’allocution pour vos discours, d'articles pour les blogs, les sites web, les publications imprimées et autres plateformes médiatiques. Nous nous assurerons de mettre à votre disposition des contenus de qualité sur une variété de sujets dans le respect les normes éditoriales.

PROMOTION DE LA JUSTICE SOCIALE

Engager dans des services visant à sensibiliser, éduquer et promouvoir la justice sociale par la mise en lumière des injustices et des inégalités dans la société et en travaillant pour les adresser de manière proactive. Apporter un soutien aux individus et aux groupes affectés par les inégalités sociales.

CONSULTATION ET CONSEIL

Offrir des services de consultation et de conseil dans les domaines de la sociologie, de la communication et relations publiques et de la justice sociale, en vous fournissant des conseils personnalisés et des recommandations basées sur une expertise approfondie dans ces domaines. Proposer un éventail de services axés sur la consultation et la résolution de problèmes familiaux, ainsi que sur la résolution des défis rencontrés dans l'éducation des enfants par les parents, les enseignants et les enfants eux-mêmes.

Assistance psychologique

Offrir un service d'assistance psychologique dédié aux personnes traversant des périodes difficiles. Qu’il s’agisse des défis émotionnels, des conflits relationnels, des situations de stress intense ou des moments de crise personnelle, je suis là pour apporter mon soutien. Mon approche bienveillante et professionnelle vise à vous aider à surmonter ces épreuves en vous fournissant les outils nécessaires pour retrouver un équilibre et un bien-être émotionnel. Ensemble, nous travaillerons à développer des stratégies adaptées à vos besoins pour vous permettre de naviguer ces moments complexes avec plus de sérénité et de résilience.

Politique de Confidentialité

Sécurité et Confidentialité

Dans le cadre de mes services, la sécurité et la confidentialité des informations fournies par mes clients sont de la plus haute importance. Toutes les données personnelles et professionnelles partagées seront protégées par des mesures de sécurité strictes afin de garantir leur intégrité et leur confidentialité. Je m'engage à ne divulguer aucune information sans le consentement explicite du client, sauf si la loi l'exige.

Neutralité

Pour les services de sociologie de la famille, je m'engage à maintenir une position de neutralité absolue. Je m'abstiendrai de tout jugement et ne prendrai aucune part dans les affaires familiales présentées. Mon objectif est de traiter chaque cas avec objectivité et impartialité, en fournissant des analyses et des conseils fondés sur des données et des méthodologies scientifiques.

Rigueur

Je traiterai chaque dossier avec la plus grande rigueur, en respectant scrupuleusement les délais convenus. Mon approche est basée sur des normes professionnelles élevées, garantissant un traitement méthodique et précis de chaque situation. Je m'engage à fournir des services fiables et de qualité, en veillant à ce que toutes les informations soient traitées avec le plus grand soin.
  • Le poids des jugements de valeur!

    Le poids des jugements de valeur!

     

    Nous avons souvent tendance à nous attarder plus sur les effets que sur les causes des phénomènes. Les jugements de valeur ont un pouvoir de nuisance absolu.

    Ceci est l’histoire d’une femme mariée qui avait rejoint la belle famille. Elle est une passionnée de mode et de shopping. Très coquette, elle a l’habitude de s’adonner, de temps à autre, à des séances d’achats, l’un de ses loisirs privilégiés, lorsqu’elle perçoit sa bourse afin de renouveler sa garde-robe et de se faire plaisir. Au moment où elle rejoignait la famille de son époux, elle n’avait jamais imaginé que cette facette de sa personnalité serait utilisée pour la dépeindre comme une femme motivée uniquement par l’appât du gain, cherchant un mariage pour des raisons financières et pour avoir l’occasion de s’installer en Occident grâce à son époux, déjà établi là-bas. À cela s'ajoute son refus catégorique de laisser des membres de sa belle-famille s'immiscer dans sa vie conjugale, lorsqu’ils ont tenté de régir son foyer. Cette décision était motivée par sa détermination à protéger son ménage, ainsi que par sa conviction profonde selon laquelle le couple constitue une sphère privée qui n’appartient qu’au mari et à sa femme. Pour cette seconde raison, les membres de la belle famille l’ont décrite comme une femme dangereuse, infâme, qui cherche à éloigner son époux de sa famille afin de pouvoir mieux profiter de lui. Ces jugements portés sur elle lui ont valu une haine viscérale de la part de certains membres de sa belle-famille qui n’avait plus d’autres préoccupations que de la détruire en anéantissant, par la même occasion, son ménage. Tous les actes qu’elle posait, même positifs, étaient analysés à travers le prisme de leurs opinions à son sujet. On ne lui accordait aucune indulgence, on exigeait d’elle la perfection. On ne lui pardonnait pas la moindre erreur. Ces jugements hâtifs lui ont valu une dégradation de sa réputation auprès de la belle famille, un honneur bafoué, de la maltraitance psychologique et verbale, l'entrainant dans une profonde dépression. Son mariage finit par se briser. Avant son divorce, quand elle a rejoint son mari à l’étranger, la belle famille a été surprise de voir que, bien qu’elle soit maintenant près de son mari, à chaque fois qu’elle a besoin du soutien de ce dernier pour n’importe quelle raison (financier, conseil, etc.), son mari les satisfaisait. Ainsi, ceux qui lui ont infligé tant de mal ont fini par tout regretter parce qu’ils se sont rendu compte qu’elle a été mal jugée. Ils n’ont ménagé aucun effort pour recoller les morceaux et rétablir l’ordre des choses, mais ils se sont heurtés à une personne brisée dans sa chair, dans son honneur qui ne voulait plus rien savoir d’eux et du mariage. Ils lui ont infligé tellement de mal qu’elle se sentait désormais de trop non seulement dans ce mariage, mais aussi, plus largement, dans la famille entière. Tout ce qu’elle souhaitait, c’est se défaire de ce mariage pour pouvoir s’extirper de cette famille. Ce qu’elle fit avec beaucoup de difficultés. Après son divorce, elle a traîné deux ans plus tard avec les traumatismes de son expérience. Des traumatismes qui l’ont placée dans une instabilité émotionnelle intense de sorte qu’elle rencontrait beaucoup de difficultés à reconstruire sa vie malgré les multiples prétendants sérieux qui la courtisaient et qui nourrissaient le désir de l’épouser.

    Je vous raconte cette histoire tirée d’une expérience réelle afin d’aborder le thème que j’ai choisi de développer aujourd’hui : le poids des jugements de valeur.

     

    Le jugement de valeur n’est rien d’autre que la tendance à porter une appréciation subjective sur une personne, une chose ou une situation. Ce jugement peut se révéler positif ou négatif. Nous avons souvent l’habitude de nous fier aux effets (les résultats, les réactions) pour nous construire une opinion sur un individu ou une situation donnée sans prendre la peine d’investiguer sur leurs causes profondes. C’est effectivement une routine qui nous simplifie beaucoup la vie en ce sens qu’elle nous épargne les efforts d’une recherche poussée ou d’une réflexion prenante. Seulement, cette recherche de facilité est dommageable à plusieurs égards à la stabilité sociale dans la mesure où des vies, des ménages, des relations se brisent ainsi gratuitement à cause des appréhensions sans fondement solide. L’exemple que j’ai fourni plus haut concerne le mariage, mais les jugements hâtifs peuvent se constater dans d’autres domaines, notamment le milieu professionnel, politique (entre gouvernants et gouvernés, entre gouvernants), la sphère sociale, à savoir les relations amicales, maritales, fraternelles, parentales, etc. 

    C’est, par exemple, le cas de l’économe ambitieux, jugé avare par son entourage ; de l’employé timide et introverti, perçu comme indifférent et exclu par ses collègues ; de l’étudiant stigmatisé, exclu, considéré comme incompétent par ses pairs uniquement en raison de la couleur de sa peau ; de la prostituée jugée, marginalisée, par la société sans effort de saisir les causes de ce choix, pour ne citer que ces cas. Les exemples sont inépuisables et les conséquences souvent désastreuses.

                         Atteinte à l’estime de soi

    Les jugements de valeur négatifs peuvent nuire à l’estime de soi de la personne visée. Se faire étiqueter ou critiquer de manière subjective peut entraîner un sentiment d’infériorité, de doute de soi, voire de dépression.

             Renforcement des stéréotypes

    Lorsque les jugements de valeur reposent sur des généralisations ou des stéréotypes, ils contribuent à perpétuer des idées fausses sur la personne ou le groupe auquel elle appartient. Cela peut nuire à l’inclusion et à la diversité.

                      Détérioration des relations interpersonnelles

    Proférer des jugements de valeur peut causer des tensions ou des conflits dans les relations, que ce soit dans le cadre personnel, familial, ou professionnel. Les jugements négatifs peuvent engendrer la méfiance, la distance ou même une rupture des liens.

                      Impact sur la réputation

    Les jugements de valeur peuvent ternir la réputation d’une personne, surtout lorsqu’ils sont exprimés publiquement ou partagés avec d’autres. Cela peut affecter sa vie sociale, professionnelle, et son image au sein de la communauté.

                     Influence sur le comportement

    Lorsqu’une personne est constamment jugée de manière négative, elle peut finir par adopter le comportement correspondant à ces jugements, un phénomène appelé "prophétie autoréalisatrice". Cela peut limiter son développement personnel et ses capacités.

            Création d’un environnement toxique

    Dans un contexte de travail ou social, proférer des jugements de valeur contribue à créer un climat de jugement et de critique, où les individus se sentent constamment évalués. Cela peut mener à une baisse de motivation, de productivité, et à une augmentation du stress.

                    Perpétuation de l’injustice

    Les jugements de valeur peuvent encourager l’injustice, surtout s’ils sont basés sur des préjugés ou des idées fausses. Cela peut mener à des comportements discriminatoires, privant la personne visée de ses droits ou de ses opportunités.

                  Source de pression supplémentaire :

    La personne qui subit un jugement de valeur en fonction de l’acte qu’elle a posé ou d’une erreur qu’elle a commise est souvent sous pression ou dans un profond regret. De ce pont de vue, lui proférer des jugements négatifs pourrait la nuire davantage et rendre difficile sa repentance. Sous le poids des jugements de valeur et de ses propres erreurs, elle pourrait développer des pensées suicidaires et aller jusqu'à passer à l'acte, mais, avec le soutien et la compréhension de son entourage, elle peut se repentir, plus facilement, et se réinsérer dans la société. Il est crucial de comprendre que les individus qui ont tendance à critiquer les actions des autres pourraient eux-mêmes commettre les mêmes écarts de conduite, voire des erreurs encore plus graves, s’ils se trouvaient dans la même situation que les personnes concernées. Certains contextes ou situations placeraient dans des moments de faiblesse n’importe qui, et c’est de là qu’on devient exposé à commettre des actes qu’on n’aurait pas posés si les conditions étaient favorables.

    En résumé,  les jugements de valeur peuvent avoir des effets délétères sur la personne visée, en altérant son estime de soi, en nuisant à ses relations et à sa réputation, et en créant un environnement toxique à même de la pousser vers la déperdition. Ces conséquences soulignent l’importance de privilégier une communication basée sur la bienveillance, l’empathie et le factuel plutôt que sur des évaluations subjectives.

    Cet article s’inscrit, ainsi, dans la logique d’inciter les gens à prendre l’habitude de déployer les efforts de recherche nécessaire lorsqu’ils font face à une situation donnée afin d’en déterminer le contexte avant de proférer un quelconque jugement sur un acte ou une personne. Et s’ils sont dans l’impossibilité de saisir les causes des phénomènes, il serait plus opportun de faire preuve de neutralité parce que les jugements hâtifs produisent des dommages supplémentaires à ceux qui sont déjà submergés par leur vécu.

    HALIMATOU KEITA, SOCIOLOGUE DE LA FAMILLE ET DE L’ÉDUCATION, ÉUDIANTE EN COMMUNICATION ET RELATIONS PUBLIQUES!

     Source image: Nancy Lehoux, Le jugement des autres… ca vous dérange?


  • La résolution de problème dans un couple!

    La résolution de problème dans un couple!

     


    Les tensions sont inhérentes à la vie de couple. Elles peuvent être nocives ou bénéfiques pour le couple, selon qu’elles sont bien ou mal gérées. L’échec de bon nombre de relations est dû à la mauvaise gestion des tensions qui y interviennent. Toutefois, elles peuvent être positives en ce sens que, grâce à ces malentendus, ces différends, les partenaires parviennent à se comprendre mutuellement, à connaître les défauts et les qualités de chacun, les attentes et les désirs de chacun, ce que l’autre aime et n'aime pas, etc. Ainsi, la gestion des conflits dans la vie de couple se révèle cruciale pour maintenir une relation saine et épanouissante. Schermerhorn, J. R. et Al, dans leur ouvrage « Les conflits et la négociation, dans Comportement humain et organisation (5e édition, p. 495‑525) », ont identifié différents types de résolution de problème dans les entreprises. Cependant, même s’ils sont conçus pour le milieu professionnel, je considère qu’ils se manifestent aussi de la même façon dans la vie de couple. Cet article propose ces différents types de résolution de problème dans l'optique de proposer l’option la plus fructueuse pour la pérennité des couples.

    L’accommodation est la stratégie de résolution de crise qui consiste à céder à la partie adverse, à se contenter de certains points d’entente en vue d’éviter une dégénération du problème et de maintenir ainsi une harmonie superficielle. Ce type de gestion de crise n’est pas le plus optimal dans la mesure où la partie qui accommode n’éprouve pas une satisfaction totale de ses attentes. Le conflit reste latent et peut, par conséquent, générer « des frustrations et de la rancœur » [1]. De ce point de vue, sa réapparition peut se produire à tout moment.

    Compromis : dans ce type de résolution, le problème ne sera résolu que partiellement, puisque chacune des parties concernées tend à céder face à l’autre sur certains points jugés cruciaux afin d’amoindrir les dégâts. L’idée ici est de résoudre partiellement la crise pour éviter qu’elle s’envenime. Seulement, étant donné qu’il n’y a pas une satisfaction entière, une tension de la même nature peut se révéler au grand jour à tout moment.

    Évitement : Ici chacun des concernés évite d’aborder le sujet à tout prix. Le problème fait l’objet d’une ignorance comme s’il n’existait pas, et ceci dans l’optique d’éviter de secouer les liens. L’évitement se produit souvent quand l’un des partenaires ou les deux sont réfractaires aux rétroactions, aux reproches. Ceci se révèle être une méthode assez dangereuse de résolution du conflit puisque, de toute évidence, non seulement il risque de resurgir, mais avec l’accumulation possible d’autres types de frustrations, de malentendus, etc., le conflit risque de se manifester de la manière la plus violente possible.

    Affrontement ou contrainte : cette stratégie consiste pour l’une des parties à dominer le dialogue au moyen de l’autorité. Il s’agit d’une stratégie qui ne permet pas la reconnaissance de la légitimité des sentiments, des préoccupations de l’autre. Tout ce qui compte, c’est ce que la partie dominante souhaite imposer comme solution ou décision finale. Cette stratégie est nuisible à la vie de couple en ce qu’elle a tendance à écraser l’un des partenaires, réduire sa volonté et ses opinions à néant. Le couple qui fait face à ce genre de réalité file, de toute évidence, vers sa destruction. Cette stratégie est souvent constatée dans les sociétés patriarcales, comme la société sénégalaise et d’autres sociétés de même nature où l’on note la domination de l’homme sur la femme. Il arrive dans ces types de société que, dans plusieurs ménages, la femme n’ait pas son mot à dire. Si elle tente de manifester ses préoccupations, elle sera considérée comme une femme problématique, insoumise, rebelle, anticonformiste. Dans des sociétés matriarcales, c’est la femme qui abuse de son autorité. En tout état de cause, peu importe que l’abus provienne de la femme ou de l’homme, cette stratégie est à éviter absolument parce qu’elle est très nuisible au le couple.

    La résolution de problème est la solution idoine. Elle consiste en cette volonté d’obtenir la satisfaction des deux parties, et ceci en mettant le problème sur la table et en en discutant avec une volonté sincère de saisir l’origine du problème et de trouver un consensus qui arrangera les deux parties. Cette stratégie prône le dialogue dans le couple et nécessite l’écoute attentive, la flexibilité et l’ouverture d’esprit des partenaires. Beaucoup de couples s’effritent au moment de l’apparition des conflits à cause justement de l’absence de cette flexibilité, de cette ouverture d’esprit des partenaires. En effet, souvent au lieu de s’écouter mutuellement pour mieux saisir les préoccupations de chacun afin de se réajuster pour le bien du couple, certains préfèrent minimiser le problème, s’offusquer ou refuser de reconnaître leur part de responsabilité. Et ceci n’est pas une voix vers la résolution du problème parce qu’il est essentiel dans la vie de couple que chacun des partenaires soit sensible, attentif aux préoccupations de l’autre pour éviter l’accumulation de frustrations qui peut mener vers la destruction des liens qui les lient.

    Cette stratégie implique un certain nombre de résolutions que je vais citer dans les lignes qui suivent :

    D’abord la prise en conscience de l’imperfection de l’humain : Les hommes et les femmes doivent être conscients de leur imperfection. En effet, l’expression « Nul n’est parfait » est très utilisée dans le langage courant, mais force est de reconnaître que la plupart du temps, les gens agissent comme des êtres parfaits. Autrement dit, il arrive souvent que les personnes ne soient pas ouvertes aux remarques, aux rétroactions. Lorsqu’on les interpelle sur leur conduite, leur vision des choses ou leur façon de s’adresser à leurs semblables, ils ont tendance à se mettre sur la défensive, à prendre ces remarques comme une attaque contre leur personne. C’est le prototype de personne qui ne sera pas ouvert au dialogue une fois en couple, et ceci n’est pas bénéfique à la relation. La prise en compte de son imperfection confère à l’humain une grande ouverture d’esprit et de flexibilité. La personne qui est consciente de son imperfection ne trouvera pas de problème dans les rétroactions qu’elle reçoit de la part de son ou sa partenaire. Au contraire, elle accueillera positivement ces observations parce qu’elle les considérera comme constructives pour le couple.

    Ensuite, cesser l’évitement des conflits qui interviennent dans le couple : comme relaté plus haut, l’effritement de beaucoup de couples est dû à l’évitement des conflits qui y surviennent. Les partenaires devraient envisager l’idée de cesser de fuir les conflits s’ils tiennent à la réussite de leur relation amoureuse ou de leur ménage. Ils ont à être conscients que les conflits sont normaux et peuvent, dans une certaine mesure, être bénéfiques à l’union. En effet, les deux personnes qui décident d’unir leur vie viennent le plus souvent de familles différentes, ont, de surcroît, reçu une éducation différente et ont souvent des parcours dissemblables. Ceci leur confère des habitudes et une vision des choses souvent distinctes. Par conséquent, il est tout à fait normal que des malentendus, des points de discorde, des conflits d’intérêts apparaissent dans la relation.

    En outre, c’est à travers les conflits que les partenaires arrivent à saisir leur personnalité mutuelle, à se comprendre comme je l’ai déjà expliqué plus haut. Tous les conflits ne sont pas destructeurs de la relation, certains sont, au contraire, consolidateurs s’ils sont bien gérés. Fuir les conflits n’est pas forcément garant d’une stabilité pour les partenaires. En effet, les partenaires qui décident de mettre fin à leurs relations pour éviter les conflits risquent de rencontrer des problèmes de même nature ou de nature différente avec d’autres partenaires, et ceci est dû au fait que les tensions sont inhérentes à la vie de couple. Il devient dès lors presque impossible d’y échapper, alors autant les affronter pour avancer ensemble au risque d’être dans un éternel recommencement.

    La société sénégalaise, particulièrement, a préparé la femme à la résignation face aux conflits, mais elle a omis d’y préparer les hommes. C’est une société qui est très laxiste à l’égard de ces derniers, tout en étant, au même moment, très exigeante quand il s’agit des femmes. Elle a tendance à avancer l’idée que « Goor foumou amé diameu rek lay tok » (l’homme ne reste que là où il bénéficie d’une quiétude d’esprit et d’une stabilité sociale). Cette conception est ancrée dans la mentalité de beaucoup d’hommes sénégalais et d'africain de manière plus large. Ils ont donc tendance à souvent répéter cette expression dans leur langage courant, et ils la matérialisent également dans leur vie de couple. C’est ainsi qu’on remarque souvent que, lorsque les conflits s’accumulent dans la relation, ils ont tendance à s’en lasser et à s’y retirer, ou, s’il s’agit d’un mariage, à épouser une autre femme (pour les musulmans). Cette conception établie par la société place inconsciemment beaucoup d’hommes sénégalais dans cette quête perpétuelle de stabilité et, en fin de compte, dans un perpétuel recommencement. Je saisis cette occasion pour sensibiliser les hommes au fait que le silence dans le couple ne signifie pas nécessairement que la stabilité y règne. Si personne n’a manifesté son insatisfaction, ses remarques, ses frustrations, cela peut, aussi, signifier que ce sont les autres types de résolution de conflits qui prévalent dans le couple, comme l’évitement, l’accommodation ou l’affrontement et la contrainte. Autrement dit, s’il y a silence, il se pourrait que la femme avec qui l’on est n’ose pas s’exprimer de peur de voir son partenaire la fuir ou minimiser ses préoccupations en continuant à répéter les mêmes actions ou transformer le dialogue en une dispute. Et, toute résignation ayant une limite, le sentiment de mépris ou de haine peut, à la longue, s’installer chez elle et anéantir leur relation. Je recommande dès lors aux couples unis encore par l’amour et des intentions sincères d’éviter de fuir les problèmes, de les affronter pour la consolidation de leur relation.

    La prise en compte que la relation est censée durer pour la vie : Le taux de séparation de couples mariés ou non mariés ne cesse de grimper dans beaucoup de pays. L’une des raisons est la banalisation des relations, surtout les couples non mariés. Les partenaires ont tendance à se lasser très vite, et puisqu’il n’y a pas encore d’engagement officiel et la relation n’est peut-être connue que par un cercle restreint, lorsque les problèmes s’accumulent, les partenaires, dans plusieurs des cas, ne fournissent plus beaucoup d’efforts pour maintenir la relation. Ils préfèrent généralement la facilité qui est de mettre fin à la relation afin d’en entamer une autre, espérant là-bas une certaine stabilité. Or, comme je l’ai dit plutôt, les conflits font partie intégrante de la vie de couple, peu importe la personne avec qui on choisit de bâtir une relation. Dans cette situation, plutôt que de passer d'une relation à une autre à la recherche d'une hypothétique stabilité, je suggère aux partenaires de s'engager à renforcer leur relation actuelle si l'amour est toujours partagé et que les intentions restent sincères. Que cela soit les couples mariés ou non mariés, mais qui entretiennent une relation sérieuse avec l’ambition d’évoluer vers le mariage, les partenaires devraient développer l’esprit qu’ils sont ensemble pour le meilleur et pour le pire. J’entends par pire les malentendus qui se manifestent dans le couple. Cette conception de leur union leur donnera l’envie et la détermination de surmonter tous les obstacles qui se présenteront sur leurs chemins.

    L’instauration d'un dialogue sincère dans le couple : La communication est un élément essentiel dans une relation, que cela soit un couple marié ou non. Les couples qui réussissent le plus sont ceux qui ont compris ce secret et qui le concrétisent au quotidien. Je recommande aux partenaires d’instaurer le dialogue dans leur vie de couple. Il ne s’agit, cependant, pas de n’importe quel dialogue. S’il s’agit de discuter avec son ou sa partenaire, d’écouter toutes ses préoccupations pour ensuite les ignorer, les minimiser ou reprendre les mêmes actions qui dérangent, ceci ne peut être considéré comme un dialogue sincère. La communication est authentique lorsqu’elle vise à déterminer la source du problème afin d’arriver à une résolution qui satisfasse les deux partenaires. Pour ce faire, elle nécessite :

    ü             L’écoute attentive qui implique d’écouter attentivement les préoccupations de sa ou son partenaire.

             L’intelligence émotionnelle renvoie à la capacité de se mettre à la place de l’autre afin de comprendre ses émotions. Je recommande aux individus (homme comme femme) de forger ce type d’intelligence en eux parce qu’elle a toujours été nécessaire et elle devient de plus en plus indispensable dans les interactions humaines de manière générale pour une société plus bienveillante, et elle est encore plus utile dans les couples, particulièrement, qui sont appelés à durer possiblement toute la vie. En effet, après avoir pris en considération les commentaires de son ou de sa partenaire, le récepteur devrait faire un examen de conscience en se demandant comment il se sentirait à sa place. Il devrait se demander comment il aurait réagi si on l’avait traité de cette manière ou si on lui avait parlé de cette façon. Dès lors que la réponse est négative, il sera alors question de reconnaître la légitimité des sentiments de son ou sa partenaire et de se réajuster (la flexibilité). Il est fondamental de développer l’empathie dans les relations. Être en couple nécessite une protection mutuelle des partenaires. Cependant, il ne s’agit pas juste de protéger son/ sa partenaire contre les autres. Il faut aussi le/la protéger contre soi-même, c’est-à-dire contre ses propres imperfections, ses propres maladresses, et ceci n’est possible qu’en écoutant l’autre attentivement et en se réajustant, le cas échéant.

    ·          La flexibilité :  Elle consiste à changer de comportement, d’adresse ou de traitement envers son partenaire lorsqu’on a reconnu que ses émotions sont légitimes après l’avoir écouté. Elle est d’une importance capitale et figure parmi les éléments fondamentaux, socles de la solidité de la relation. Elle est souvent perçue comme une faiblesse, ce qui fait qu’on remarque souvent des partenaires qui tendent à reproduire les mêmes erreurs qui frustrent l’autre même après avoir écouté sa vision des choses. Dans de nombreuses situations, lorsque la relation tourne mal et que l'un des partenaires décide de mettre un terme à la relation, l'autre laisse entendre qu'il/elle est toujours amoureux/se, qu'il/elle souhaite préserver la relation, et qu'il/elle n'aurait pas voulu en arriver à la rupture. Un de mes clients m’a avoué ceci : « j’ai redouté l'idée de paraître faible devant ma femme, alors je devais lui montrer que j'avais l'autorité, c'est pourquoi je ne voulais pas céder, même si je savais qu'elle avait raison. J’aime ma femme malgré tout et je veux qu’on se réconcilie. Les choses seront différentes cette fois-ci. Je serai plus soucieux de son état d’âme, je la protégerai plus et je déploierai plus d’efforts. ». Sur ce, il est important de savoir que la flexibilité n’est pas une faiblesse, au contraire, elle est un signe de grandeur, de maturité, de responsabilité. Savoir qu’on a eu tort et corriger ses erreurs est la preuve qu’on accorde de l’importance à son ou sa partenaire et aussi à la réussite de son couple. Elle traduit, de surcroît, le respect et la considération envers son ou sa partenaire. Les partenaires ont à faire preuve de flexibilité dans leurs interactions pour le salut de leurs couples.

    Le recours à un spécialiste d’accompagnement des couples : Si, dans l’absolu, malgré tous les efforts cités plus haut, le couple peine à surmonter ses obstacles, il sera alors le moment d’envisager de recourir à un spécialiste qui exerce la profession d’accompagnement des couples dans la résolution de leurs conflits. Les avantages de recourir à un spécialiste sont les suivants :

    *     L’expérience : le / la spécialiste est souvent doté (e) d’une expérience en résolution de conflits familiaux pour avoir accompagné plusieurs couples dans des situations similaires. Son expertise sera mise en œuvre afin d’aider à cheminer vers la solution idoine pour les partenaires concernés.

    *     Distanciation : étant donné qu’il/ elle n’est lié (e) ni de près, ni de loin aux problèmes à résoudre et du moment qu’il/ qu’elle n’est pas submergé (e) par les émotions qui animent les partenaires, il lui sera plus facile de constater avec des idées plus claires la source du conflit et de proposer un plan d’action adapté à la situation.

    *     Neutralité : le/ la spécialiste est tenue par l’obligation déontologique de faire preuve de neutralité dans la gestion des dossiers mis à sa disposition. Autrement dit, il/ elle est tenu (e) d’assister les couples vers la meilleure résolution sans jugement de valeur ni partie prise. Il/elle ne prend part ni du côté de l’homme ni du côté de la femme. Son rôle est juste d’aider ces derniers à mieux cerner leurs différends et à trouver la meilleure résolution.

    *     Discrétion :  Faire preuve de discrétion fait partie des devoirs déontologiques du /de la spécialiste. En d’autres termes, l’accompagnateur ou l’accompagnatrice a l'obligation de préserver la confidentialité du litige qui a opposé les partenaires durant tout le processus d’accompagnement, et même après. Donc, les couples peuvent avoir l’assurance que leur vie privée sera hautement protégée.

    Dans la société sénégalaise, les parents sont souvent ceux qui jouent le rôle d’intermédiaire, et des solutions favorables sortent souvent de cette médiationCependant, en raison du lien de sang qui les lie avec les partenaires, la médiation peut poser le problème de partialité. Les parents peuvent facilement prendre part, ce qui peut biaiser la médiation et envenimer les tensions.

    En fin de compte, cet article s’inscrit dans une logique de consolidation des couples. Il vise à offrir aux couples de la matière pour traverser les conflits qui se manifestent dans leur relation. L’objectif est de renforcer le respect mutuel, l’amour, la compréhension, la compassion, la considération entre les partenaires afin qu’on puisse accéder à des couples plus harmonieux.

     

    HALIMATOU KEITA, SOCIOLOGUE DE LA FAMILLE ET DE L’ÉDUCATION, ÉTUDIANTE EN COMMUNICATION ET RELATIONS PUBLIQUES!


  • Qui êtes-vous ?

    Ma photo
    Je suis une sociologue de la famille et de l'éducation et une étudiante en communication et relations publiques. Éprise de justice, et une passionnée de rédaction d'articles, j'ai décidé de mettre en œuvre cette passion au profit de l'intérêt général. Le but de mon blog est de pointer du doigt les tares de notre société dont certaines sont normalisées, banalisées. En mettant en place ce blog, je me fixe comme objectif de promouvoir une société juste où les droits humains sont minutieusement respectés.

    Rechercher dans ce blog

    Archives du blog

    Le poids des jugements de valeur!

      N ous avons souvent tendance à nous attarder plus sur les effets que sur les causes des phénomènes. Les jugements de valeur ont un pouvoir...

    AVIS








    Vos avis :