HALIMATOU KEITA

Je suis Blogueuse

HALIMATOU KEITA

Je suis une sociologue de la famille et de l'éducation et une étudiante en communication et relations publiques. Éprise de justice, et une passionnée de rédaction d'articles, j'ai décidé de mettre en œuvre cette passion au profit de l'intérêt général. Le but de mon blog est de porter un regard critique sur la réalité sociale afin de mettre à nu les injustices sociales qui sont normalisées, banalisées. En mettant en place ce blog, je me fixe comme objectif de promouvoir une société juste où les droits humains sont minutieusement respectés. Notre cible est principalement la société sénégalaise mais aussi de manière générale la société africaine et occidentale. Des thèmes illimités en lien direct avec le quotidien des individus seront abordés.

Me

MERCI DE VOUS ABONNER

Mes Compétences Professionnelles

Audit et élaboration de plan de communication, Gestion des réseaux, Rédactrice web, Création de contenus: montage photos et vidéos, Analyse et production d'articles sur les phénomènes sociaux, Événementiel, Rédaction de communiqué de presse, allocution, d'infolettre, de lettre d'opinion.

Gestion de Communauté 90%
Rédactrice Web
Audit et élaboration de plan de communication 70%
Gestion de crise 85%
Relation presse 85%

SOCIOLOGIE DE LA FAMILLE ET DE L'ÉDUCATION

Fournir des services de consultation, d'analyse et de recherche dans les domaines de la famille et de l'éducation, en mettant l'accent sur la compréhension des dynamiques familiales et des systèmes éducatifs.

COMMUNICATION ET RELATIONS PUBLIQUES

Offrir des services d’audit et d’élaboration de stratégie de communication et/ ou de marketing efficaces aux organisations et aux individus afin de vous aider à atteindre vos objectifs de communication que cela soit pour un renfoncement de la notoriété de votre marque, pour la préservation ou le renfoncement de votre positionnement, pour la consolidation des liens avec vos publics cibles, pour une gestion de crise, une communication événementielle ou pour une rentabilité de votre business, pour l’acquisition de nouveaux sponsors etc…

RÉDACTION D'ARTICLES

Proposer des services de rédaction de communiqué presse, de lettre d’opinion, de dossiers de presse, de pitch de vente pour produits et services, d’allocution pour vos discours, d'articles pour les blogs, les sites web, les publications imprimées et autres plateformes médiatiques. Nous nous assurerons de mettre à votre disposition des contenus de qualité sur une variété de sujets dans le respect les normes éditoriales.

PROMOTION DE LA JUSTICE SOCIALE

Engager dans des services visant à sensibiliser, éduquer et promouvoir la justice sociale par la mise en lumière des injustices et des inégalités dans la société et en travaillant pour les adresser de manière proactive. Apporter un soutien aux individus et aux groupes affectés par les inégalités sociales.

CONSULTATION ET CONSEIL

Offrir des services de consultation et de conseil dans les domaines de la sociologie, de la communication et relations publiques et de la justice sociale, en vous fournissant des conseils personnalisés et des recommandations basées sur une expertise approfondie dans ces domaines. Proposer un éventail de services axés sur la consultation et la résolution de problèmes familiaux, ainsi que sur la résolution des défis rencontrés dans l'éducation des enfants par les parents, les enseignants et les enfants eux-mêmes.

Assistance psychologique

Offrir un service d'assistance psychologique dédié aux personnes traversant des périodes difficiles. Qu’il s’agisse des défis émotionnels, des conflits relationnels, des situations de stress intense ou des moments de crise personnelle, je suis là pour apporter mon soutien. Mon approche bienveillante et professionnelle vise à vous aider à surmonter ces épreuves en vous fournissant les outils nécessaires pour retrouver un équilibre et un bien-être émotionnel. Ensemble, nous travaillerons à développer des stratégies adaptées à vos besoins pour vous permettre de naviguer ces moments complexes avec plus de sérénité et de résilience.

Politique de Confidentialité

Sécurité et Confidentialité

Dans le cadre de mes services, la sécurité et la confidentialité des informations fournies par mes clients sont de la plus haute importance. Toutes les données personnelles et professionnelles partagées seront protégées par des mesures de sécurité strictes afin de garantir leur intégrité et leur confidentialité. Je m'engage à ne divulguer aucune information sans le consentement explicite du client, sauf si la loi l'exige.

Neutralité

Pour les services de sociologie de la famille, je m'engage à maintenir une position de neutralité absolue. Je m'abstiendrai de tout jugement et ne prendrai aucune part dans les affaires familiales présentées. Mon objectif est de traiter chaque cas avec objectivité et impartialité, en fournissant des analyses et des conseils fondés sur des données et des méthodologies scientifiques.

Rigueur

Je traiterai chaque dossier avec la plus grande rigueur, en respectant scrupuleusement les délais convenus. Mon approche est basée sur des normes professionnelles élevées, garantissant un traitement méthodique et précis de chaque situation. Je m'engage à fournir des services fiables et de qualité, en veillant à ce que toutes les informations soient traitées avec le plus grand soin.
  • Le poids des jugements de valeur!

     

    Nous avons souvent tendance à nous attarder plus sur les effets que sur les causes des phénomènes. Les jugements de valeur ont un pouvoir de nuisance absolu.

    Ceci est l’histoire d’une femme mariée qui avait rejoint la belle famille. Elle est une passionnée de mode et de shopping. Très coquette, elle a l’habitude de s’adonner, de temps à autre, à des séances d’achats, l’un de ses loisirs privilégiés, lorsqu’elle perçoit sa bourse afin de renouveler sa garde-robe et de se faire plaisir. Au moment où elle rejoignait la famille de son époux, elle n’avait jamais imaginé que cette facette de sa personnalité serait utilisée pour la dépeindre comme une femme motivée uniquement par l’appât du gain, cherchant un mariage pour des raisons financières et pour avoir l’occasion de s’installer en Occident grâce à son époux, déjà établi là-bas. À cela s'ajoute son refus catégorique de laisser des membres de sa belle-famille s'immiscer dans sa vie conjugale, lorsqu’ils ont tenté de régir son foyer. Cette décision était motivée par sa détermination à protéger son ménage, ainsi que par sa conviction profonde selon laquelle le couple constitue une sphère privée qui n’appartient qu’au mari et à sa femme. Pour cette seconde raison, les membres de la belle famille l’ont décrite comme une femme dangereuse, infâme, qui cherche à éloigner son époux de sa famille afin de pouvoir mieux profiter de lui. Ces jugements portés sur elle lui ont valu une haine viscérale de la part de certains membres de sa belle-famille qui n’avait plus d’autres préoccupations que de la détruire en anéantissant, par la même occasion, son ménage. Tous les actes qu’elle posait, même positifs, étaient analysés à travers le prisme de leurs opinions à son sujet. On ne lui accordait aucune indulgence, on exigeait d’elle la perfection. On ne lui pardonnait pas la moindre erreur. Ces jugements hâtifs lui ont valu une dégradation de sa réputation auprès de la belle famille, un honneur bafoué, de la maltraitance psychologique et verbale, l'entrainant dans une profonde dépression. Son mariage finit par se briser. Avant son divorce, quand elle a rejoint son mari à l’étranger, la belle famille a été surprise de voir que, bien qu’elle soit maintenant près de son mari, à chaque fois qu’elle a besoin du soutien de ce dernier pour n’importe quelle raison (financier, conseil, etc.), son mari les satisfaisait. Ainsi, ceux qui lui ont infligé tant de mal ont fini par tout regretter parce qu’ils se sont rendu compte qu’elle a été mal jugée. Ils n’ont ménagé aucun effort pour recoller les morceaux et rétablir l’ordre des choses, mais ils se sont heurtés à une personne brisée dans sa chair, dans son honneur qui ne voulait plus rien savoir d’eux et du mariage. Ils lui ont infligé tellement de mal qu’elle se sentait désormais de trop non seulement dans ce mariage, mais aussi, plus largement, dans la famille entière. Tout ce qu’elle souhaitait, c’est se défaire de ce mariage pour pouvoir s’extirper de cette famille. Ce qu’elle fit avec beaucoup de difficultés. Après son divorce, elle a traîné deux ans plus tard avec les traumatismes de son expérience. Des traumatismes qui l’ont placée dans une instabilité émotionnelle intense de sorte qu’elle rencontrait beaucoup de difficultés à reconstruire sa vie malgré les multiples prétendants sérieux qui la courtisaient et qui nourrissaient le désir de l’épouser.

    Je vous raconte cette histoire tirée d’une expérience réelle afin d’aborder le thème que j’ai choisi de développer aujourd’hui : le poids des jugements de valeur.

     

    Le jugement de valeur n’est rien d’autre que la tendance à porter une appréciation subjective sur une personne, une chose ou une situation. Ce jugement peut se révéler positif ou négatif. Nous avons souvent l’habitude de nous fier aux effets (les résultats, les réactions) pour nous construire une opinion sur un individu ou une situation donnée sans prendre la peine d’investiguer sur leurs causes profondes. C’est effectivement une routine qui nous simplifie beaucoup la vie en ce sens qu’elle nous épargne les efforts d’une recherche poussée ou d’une réflexion prenante. Seulement, cette recherche de facilité est dommageable à plusieurs égards à la stabilité sociale dans la mesure où des vies, des ménages, des relations se brisent ainsi gratuitement à cause des appréhensions sans fondement solide. L’exemple que j’ai fourni plus haut concerne le mariage, mais les jugements hâtifs peuvent se constater dans d’autres domaines, notamment le milieu professionnel, politique (entre gouvernants et gouvernés, entre gouvernants), la sphère sociale, à savoir les relations amicales, maritales, fraternelles, parentales, etc. 

    C’est, par exemple, le cas de l’économe ambitieux, jugé avare par son entourage ; de l’employé timide et introverti, perçu comme indifférent et exclu par ses collègues ; de l’étudiant stigmatisé, exclu, considéré comme incompétent par ses pairs uniquement en raison de la couleur de sa peau ; de la prostituée jugée, marginalisée, par la société sans effort de saisir les causes de ce choix, pour ne citer que ces cas. Les exemples sont inépuisables et les conséquences souvent désastreuses.

                         Atteinte à l’estime de soi

    Les jugements de valeur négatifs peuvent nuire à l’estime de soi de la personne visée. Se faire étiqueter ou critiquer de manière subjective peut entraîner un sentiment d’infériorité, de doute de soi, voire de dépression.

             Renforcement des stéréotypes

    Lorsque les jugements de valeur reposent sur des généralisations ou des stéréotypes, ils contribuent à perpétuer des idées fausses sur la personne ou le groupe auquel elle appartient. Cela peut nuire à l’inclusion et à la diversité.

                      Détérioration des relations interpersonnelles

    Proférer des jugements de valeur peut causer des tensions ou des conflits dans les relations, que ce soit dans le cadre personnel, familial, ou professionnel. Les jugements négatifs peuvent engendrer la méfiance, la distance ou même une rupture des liens.

                      Impact sur la réputation

    Les jugements de valeur peuvent ternir la réputation d’une personne, surtout lorsqu’ils sont exprimés publiquement ou partagés avec d’autres. Cela peut affecter sa vie sociale, professionnelle, et son image au sein de la communauté.

                     Influence sur le comportement

    Lorsqu’une personne est constamment jugée de manière négative, elle peut finir par adopter le comportement correspondant à ces jugements, un phénomène appelé "prophétie autoréalisatrice". Cela peut limiter son développement personnel et ses capacités.

            Création d’un environnement toxique

    Dans un contexte de travail ou social, proférer des jugements de valeur contribue à créer un climat de jugement et de critique, où les individus se sentent constamment évalués. Cela peut mener à une baisse de motivation, de productivité, et à une augmentation du stress.

                    Perpétuation de l’injustice

    Les jugements de valeur peuvent encourager l’injustice, surtout s’ils sont basés sur des préjugés ou des idées fausses. Cela peut mener à des comportements discriminatoires, privant la personne visée de ses droits ou de ses opportunités.

                  Source de pression supplémentaire :

    La personne qui subit un jugement de valeur en fonction de l’acte qu’elle a posé ou d’une erreur qu’elle a commise est souvent sous pression ou dans un profond regret. De ce pont de vue, lui proférer des jugements négatifs pourrait la nuire davantage et rendre difficile sa repentance. Sous le poids des jugements de valeur et de ses propres erreurs, elle pourrait développer des pensées suicidaires et aller jusqu'à passer à l'acte, mais, avec le soutien et la compréhension de son entourage, elle peut se repentir, plus facilement, et se réinsérer dans la société. Il est crucial de comprendre que les individus qui ont tendance à critiquer les actions des autres pourraient eux-mêmes commettre les mêmes écarts de conduite, voire des erreurs encore plus graves, s’ils se trouvaient dans la même situation que les personnes concernées. Certains contextes ou situations placeraient dans des moments de faiblesse n’importe qui, et c’est de là qu’on devient exposé à commettre des actes qu’on n’aurait pas posés si les conditions étaient favorables.

    En résumé,  les jugements de valeur peuvent avoir des effets délétères sur la personne visée, en altérant son estime de soi, en nuisant à ses relations et à sa réputation, et en créant un environnement toxique à même de la pousser vers la déperdition. Ces conséquences soulignent l’importance de privilégier une communication basée sur la bienveillance, l’empathie et le factuel plutôt que sur des évaluations subjectives.

    Cet article s’inscrit, ainsi, dans la logique d’inciter les gens à prendre l’habitude de déployer les efforts de recherche nécessaire lorsqu’ils font face à une situation donnée afin d’en déterminer le contexte avant de proférer un quelconque jugement sur un acte ou une personne. Et s’ils sont dans l’impossibilité de saisir les causes des phénomènes, il serait plus opportun de faire preuve de neutralité parce que les jugements hâtifs produisent des dommages supplémentaires à ceux qui sont déjà submergés par leur vécu.

    HALIMATOU KEITA, SOCIOLOGUE DE LA FAMILLE ET DE L’ÉDUCATION, ÉUDIANTE EN COMMUNICATION ET RELATIONS PUBLIQUES!

     Source image: Nancy Lehoux, Le jugement des autres… ca vous dérange?


  • La résolution de problème dans un couple!

     


    Les tensions sont inhérentes à la vie de couple. Elles peuvent être nocives ou bénéfiques pour le couple, selon qu’elles sont bien ou mal gérées. L’échec de bon nombre de relations est dû à la mauvaise gestion des tensions qui y interviennent. Toutefois, elles peuvent être positives en ce sens que, grâce à ces malentendus, ces différends, les partenaires parviennent à se comprendre mutuellement, à connaître les défauts et les qualités de chacun, les attentes et les désirs de chacun, ce que l’autre aime et n'aime pas, etc. Ainsi, la gestion des conflits dans la vie de couple se révèle cruciale pour maintenir une relation saine et épanouissante. Schermerhorn, J. R. et Al, dans leur ouvrage « Les conflits et la négociation, dans Comportement humain et organisation (5e édition, p. 495‑525) », ont identifié différents types de résolution de problème dans les entreprises. Cependant, même s’ils sont conçus pour le milieu professionnel, je considère qu’ils se manifestent aussi de la même façon dans la vie de couple. Cet article propose ces différents types de résolution de problème dans l'optique de proposer l’option la plus fructueuse pour la pérennité des couples.

    L’accommodation est la stratégie de résolution de crise qui consiste à céder à la partie adverse, à se contenter de certains points d’entente en vue d’éviter une dégénération du problème et de maintenir ainsi une harmonie superficielle. Ce type de gestion de crise n’est pas le plus optimal dans la mesure où la partie qui accommode n’éprouve pas une satisfaction totale de ses attentes. Le conflit reste latent et peut, par conséquent, générer « des frustrations et de la rancœur » [1]. De ce point de vue, sa réapparition peut se produire à tout moment.

    Compromis : dans ce type de résolution, le problème ne sera résolu que partiellement, puisque chacune des parties concernées tend à céder face à l’autre sur certains points jugés cruciaux afin d’amoindrir les dégâts. L’idée ici est de résoudre partiellement la crise pour éviter qu’elle s’envenime. Seulement, étant donné qu’il n’y a pas une satisfaction entière, une tension de la même nature peut se révéler au grand jour à tout moment.

    Évitement : Ici chacun des concernés évite d’aborder le sujet à tout prix. Le problème fait l’objet d’une ignorance comme s’il n’existait pas, et ceci dans l’optique d’éviter de secouer les liens. L’évitement se produit souvent quand l’un des partenaires ou les deux sont réfractaires aux rétroactions, aux reproches. Ceci se révèle être une méthode assez dangereuse de résolution du conflit puisque, de toute évidence, non seulement il risque de resurgir, mais avec l’accumulation possible d’autres types de frustrations, de malentendus, etc., le conflit risque de se manifester de la manière la plus violente possible.

    Affrontement ou contrainte : cette stratégie consiste pour l’une des parties à dominer le dialogue au moyen de l’autorité. Il s’agit d’une stratégie qui ne permet pas la reconnaissance de la légitimité des sentiments, des préoccupations de l’autre. Tout ce qui compte, c’est ce que la partie dominante souhaite imposer comme solution ou décision finale. Cette stratégie est nuisible à la vie de couple en ce qu’elle a tendance à écraser l’un des partenaires, réduire sa volonté et ses opinions à néant. Le couple qui fait face à ce genre de réalité file, de toute évidence, vers sa destruction. Cette stratégie est souvent constatée dans les sociétés patriarcales, comme la société sénégalaise et d’autres sociétés de même nature où l’on note la domination de l’homme sur la femme. Il arrive dans ces types de société que, dans plusieurs ménages, la femme n’ait pas son mot à dire. Si elle tente de manifester ses préoccupations, elle sera considérée comme une femme problématique, insoumise, rebelle, anticonformiste. Dans des sociétés matriarcales, c’est la femme qui abuse de son autorité. En tout état de cause, peu importe que l’abus provienne de la femme ou de l’homme, cette stratégie est à éviter absolument parce qu’elle est très nuisible au le couple.

    La résolution de problème est la solution idoine. Elle consiste en cette volonté d’obtenir la satisfaction des deux parties, et ceci en mettant le problème sur la table et en en discutant avec une volonté sincère de saisir l’origine du problème et de trouver un consensus qui arrangera les deux parties. Cette stratégie prône le dialogue dans le couple et nécessite l’écoute attentive, la flexibilité et l’ouverture d’esprit des partenaires. Beaucoup de couples s’effritent au moment de l’apparition des conflits à cause justement de l’absence de cette flexibilité, de cette ouverture d’esprit des partenaires. En effet, souvent au lieu de s’écouter mutuellement pour mieux saisir les préoccupations de chacun afin de se réajuster pour le bien du couple, certains préfèrent minimiser le problème, s’offusquer ou refuser de reconnaître leur part de responsabilité. Et ceci n’est pas une voix vers la résolution du problème parce qu’il est essentiel dans la vie de couple que chacun des partenaires soit sensible, attentif aux préoccupations de l’autre pour éviter l’accumulation de frustrations qui peut mener vers la destruction des liens qui les lient.

    Cette stratégie implique un certain nombre de résolutions que je vais citer dans les lignes qui suivent :

    D’abord la prise en conscience de l’imperfection de l’humain : Les hommes et les femmes doivent être conscients de leur imperfection. En effet, l’expression « Nul n’est parfait » est très utilisée dans le langage courant, mais force est de reconnaître que la plupart du temps, les gens agissent comme des êtres parfaits. Autrement dit, il arrive souvent que les personnes ne soient pas ouvertes aux remarques, aux rétroactions. Lorsqu’on les interpelle sur leur conduite, leur vision des choses ou leur façon de s’adresser à leurs semblables, ils ont tendance à se mettre sur la défensive, à prendre ces remarques comme une attaque contre leur personne. C’est le prototype de personne qui ne sera pas ouvert au dialogue une fois en couple, et ceci n’est pas bénéfique à la relation. La prise en compte de son imperfection confère à l’humain une grande ouverture d’esprit et de flexibilité. La personne qui est consciente de son imperfection ne trouvera pas de problème dans les rétroactions qu’elle reçoit de la part de son ou sa partenaire. Au contraire, elle accueillera positivement ces observations parce qu’elle les considérera comme constructives pour le couple.

    Ensuite, cesser l’évitement des conflits qui interviennent dans le couple : comme relaté plus haut, l’effritement de beaucoup de couples est dû à l’évitement des conflits qui y surviennent. Les partenaires devraient envisager l’idée de cesser de fuir les conflits s’ils tiennent à la réussite de leur relation amoureuse ou de leur ménage. Ils ont à être conscients que les conflits sont normaux et peuvent, dans une certaine mesure, être bénéfiques à l’union. En effet, les deux personnes qui décident d’unir leur vie viennent le plus souvent de familles différentes, ont, de surcroît, reçu une éducation différente et ont souvent des parcours dissemblables. Ceci leur confère des habitudes et une vision des choses souvent distinctes. Par conséquent, il est tout à fait normal que des malentendus, des points de discorde, des conflits d’intérêts apparaissent dans la relation.

    En outre, c’est à travers les conflits que les partenaires arrivent à saisir leur personnalité mutuelle, à se comprendre comme je l’ai déjà expliqué plus haut. Tous les conflits ne sont pas destructeurs de la relation, certains sont, au contraire, consolidateurs s’ils sont bien gérés. Fuir les conflits n’est pas forcément garant d’une stabilité pour les partenaires. En effet, les partenaires qui décident de mettre fin à leurs relations pour éviter les conflits risquent de rencontrer des problèmes de même nature ou de nature différente avec d’autres partenaires, et ceci est dû au fait que les tensions sont inhérentes à la vie de couple. Il devient dès lors presque impossible d’y échapper, alors autant les affronter pour avancer ensemble au risque d’être dans un éternel recommencement.

    La société sénégalaise, particulièrement, a préparé la femme à la résignation face aux conflits, mais elle a omis d’y préparer les hommes. C’est une société qui est très laxiste à l’égard de ces derniers, tout en étant, au même moment, très exigeante quand il s’agit des femmes. Elle a tendance à avancer l’idée que « Goor foumou amé diameu rek lay tok » (l’homme ne reste que là où il bénéficie d’une quiétude d’esprit et d’une stabilité sociale). Cette conception est ancrée dans la mentalité de beaucoup d’hommes sénégalais et d'africain de manière plus large. Ils ont donc tendance à souvent répéter cette expression dans leur langage courant, et ils la matérialisent également dans leur vie de couple. C’est ainsi qu’on remarque souvent que, lorsque les conflits s’accumulent dans la relation, ils ont tendance à s’en lasser et à s’y retirer, ou, s’il s’agit d’un mariage, à épouser une autre femme (pour les musulmans). Cette conception établie par la société place inconsciemment beaucoup d’hommes sénégalais dans cette quête perpétuelle de stabilité et, en fin de compte, dans un perpétuel recommencement. Je saisis cette occasion pour sensibiliser les hommes au fait que le silence dans le couple ne signifie pas nécessairement que la stabilité y règne. Si personne n’a manifesté son insatisfaction, ses remarques, ses frustrations, cela peut, aussi, signifier que ce sont les autres types de résolution de conflits qui prévalent dans le couple, comme l’évitement, l’accommodation ou l’affrontement et la contrainte. Autrement dit, s’il y a silence, il se pourrait que la femme avec qui l’on est n’ose pas s’exprimer de peur de voir son partenaire la fuir ou minimiser ses préoccupations en continuant à répéter les mêmes actions ou transformer le dialogue en une dispute. Et, toute résignation ayant une limite, le sentiment de mépris ou de haine peut, à la longue, s’installer chez elle et anéantir leur relation. Je recommande dès lors aux couples unis encore par l’amour et des intentions sincères d’éviter de fuir les problèmes, de les affronter pour la consolidation de leur relation.

    La prise en compte que la relation est censée durer pour la vie : Le taux de séparation de couples mariés ou non mariés ne cesse de grimper dans beaucoup de pays. L’une des raisons est la banalisation des relations, surtout les couples non mariés. Les partenaires ont tendance à se lasser très vite, et puisqu’il n’y a pas encore d’engagement officiel et la relation n’est peut-être connue que par un cercle restreint, lorsque les problèmes s’accumulent, les partenaires, dans plusieurs des cas, ne fournissent plus beaucoup d’efforts pour maintenir la relation. Ils préfèrent généralement la facilité qui est de mettre fin à la relation afin d’en entamer une autre, espérant là-bas une certaine stabilité. Or, comme je l’ai dit plutôt, les conflits font partie intégrante de la vie de couple, peu importe la personne avec qui on choisit de bâtir une relation. Dans cette situation, plutôt que de passer d'une relation à une autre à la recherche d'une hypothétique stabilité, je suggère aux partenaires de s'engager à renforcer leur relation actuelle si l'amour est toujours partagé et que les intentions restent sincères. Que cela soit les couples mariés ou non mariés, mais qui entretiennent une relation sérieuse avec l’ambition d’évoluer vers le mariage, les partenaires devraient développer l’esprit qu’ils sont ensemble pour le meilleur et pour le pire. J’entends par pire les malentendus qui se manifestent dans le couple. Cette conception de leur union leur donnera l’envie et la détermination de surmonter tous les obstacles qui se présenteront sur leurs chemins.

    L’instauration d'un dialogue sincère dans le couple : La communication est un élément essentiel dans une relation, que cela soit un couple marié ou non. Les couples qui réussissent le plus sont ceux qui ont compris ce secret et qui le concrétisent au quotidien. Je recommande aux partenaires d’instaurer le dialogue dans leur vie de couple. Il ne s’agit, cependant, pas de n’importe quel dialogue. S’il s’agit de discuter avec son ou sa partenaire, d’écouter toutes ses préoccupations pour ensuite les ignorer, les minimiser ou reprendre les mêmes actions qui dérangent, ceci ne peut être considéré comme un dialogue sincère. La communication est authentique lorsqu’elle vise à déterminer la source du problème afin d’arriver à une résolution qui satisfasse les deux partenaires. Pour ce faire, elle nécessite :

    ü             L’écoute attentive qui implique d’écouter attentivement les préoccupations de sa ou son partenaire.

             L’intelligence émotionnelle renvoie à la capacité de se mettre à la place de l’autre afin de comprendre ses émotions. Je recommande aux individus (homme comme femme) de forger ce type d’intelligence en eux parce qu’elle a toujours été nécessaire et elle devient de plus en plus indispensable dans les interactions humaines de manière générale pour une société plus bienveillante, et elle est encore plus utile dans les couples, particulièrement, qui sont appelés à durer possiblement toute la vie. En effet, après avoir pris en considération les commentaires de son ou de sa partenaire, le récepteur devrait faire un examen de conscience en se demandant comment il se sentirait à sa place. Il devrait se demander comment il aurait réagi si on l’avait traité de cette manière ou si on lui avait parlé de cette façon. Dès lors que la réponse est négative, il sera alors question de reconnaître la légitimité des sentiments de son ou sa partenaire et de se réajuster (la flexibilité). Il est fondamental de développer l’empathie dans les relations. Être en couple nécessite une protection mutuelle des partenaires. Cependant, il ne s’agit pas juste de protéger son/ sa partenaire contre les autres. Il faut aussi le/la protéger contre soi-même, c’est-à-dire contre ses propres imperfections, ses propres maladresses, et ceci n’est possible qu’en écoutant l’autre attentivement et en se réajustant, le cas échéant.

    ·          La flexibilité :  Elle consiste à changer de comportement, d’adresse ou de traitement envers son partenaire lorsqu’on a reconnu que ses émotions sont légitimes après l’avoir écouté. Elle est d’une importance capitale et figure parmi les éléments fondamentaux, socles de la solidité de la relation. Elle est souvent perçue comme une faiblesse, ce qui fait qu’on remarque souvent des partenaires qui tendent à reproduire les mêmes erreurs qui frustrent l’autre même après avoir écouté sa vision des choses. Dans de nombreuses situations, lorsque la relation tourne mal et que l'un des partenaires décide de mettre un terme à la relation, l'autre laisse entendre qu'il/elle est toujours amoureux/se, qu'il/elle souhaite préserver la relation, et qu'il/elle n'aurait pas voulu en arriver à la rupture. Un de mes clients m’a avoué ceci : « j’ai redouté l'idée de paraître faible devant ma femme, alors je devais lui montrer que j'avais l'autorité, c'est pourquoi je ne voulais pas céder, même si je savais qu'elle avait raison. J’aime ma femme malgré tout et je veux qu’on se réconcilie. Les choses seront différentes cette fois-ci. Je serai plus soucieux de son état d’âme, je la protégerai plus et je déploierai plus d’efforts. ». Sur ce, il est important de savoir que la flexibilité n’est pas une faiblesse, au contraire, elle est un signe de grandeur, de maturité, de responsabilité. Savoir qu’on a eu tort et corriger ses erreurs est la preuve qu’on accorde de l’importance à son ou sa partenaire et aussi à la réussite de son couple. Elle traduit, de surcroît, le respect et la considération envers son ou sa partenaire. Les partenaires ont à faire preuve de flexibilité dans leurs interactions pour le salut de leurs couples.

    Le recours à un spécialiste d’accompagnement des couples : Si, dans l’absolu, malgré tous les efforts cités plus haut, le couple peine à surmonter ses obstacles, il sera alors le moment d’envisager de recourir à un spécialiste qui exerce la profession d’accompagnement des couples dans la résolution de leurs conflits. Les avantages de recourir à un spécialiste sont les suivants :

    *     L’expérience : le / la spécialiste est souvent doté (e) d’une expérience en résolution de conflits familiaux pour avoir accompagné plusieurs couples dans des situations similaires. Son expertise sera mise en œuvre afin d’aider à cheminer vers la solution idoine pour les partenaires concernés.

    *     Distanciation : étant donné qu’il/ elle n’est lié (e) ni de près, ni de loin aux problèmes à résoudre et du moment qu’il/ qu’elle n’est pas submergé (e) par les émotions qui animent les partenaires, il lui sera plus facile de constater avec des idées plus claires la source du conflit et de proposer un plan d’action adapté à la situation.

    *     Neutralité : le/ la spécialiste est tenue par l’obligation déontologique de faire preuve de neutralité dans la gestion des dossiers mis à sa disposition. Autrement dit, il/ elle est tenu (e) d’assister les couples vers la meilleure résolution sans jugement de valeur ni partie prise. Il/elle ne prend part ni du côté de l’homme ni du côté de la femme. Son rôle est juste d’aider ces derniers à mieux cerner leurs différends et à trouver la meilleure résolution.

    *     Discrétion :  Faire preuve de discrétion fait partie des devoirs déontologiques du /de la spécialiste. En d’autres termes, l’accompagnateur ou l’accompagnatrice a l'obligation de préserver la confidentialité du litige qui a opposé les partenaires durant tout le processus d’accompagnement, et même après. Donc, les couples peuvent avoir l’assurance que leur vie privée sera hautement protégée.

    Dans la société sénégalaise, les parents sont souvent ceux qui jouent le rôle d’intermédiaire, et des solutions favorables sortent souvent de cette médiationCependant, en raison du lien de sang qui les lie avec les partenaires, la médiation peut poser le problème de partialité. Les parents peuvent facilement prendre part, ce qui peut biaiser la médiation et envenimer les tensions.

    En fin de compte, cet article s’inscrit dans une logique de consolidation des couples. Il vise à offrir aux couples de la matière pour traverser les conflits qui se manifestent dans leur relation. L’objectif est de renforcer le respect mutuel, l’amour, la compréhension, la compassion, la considération entre les partenaires afin qu’on puisse accéder à des couples plus harmonieux.

     

    HALIMATOU KEITA, SOCIOLOGUE DE LA FAMILLE ET DE L’ÉDUCATION, ÉTUDIANTE EN COMMUNICATION ET RELATIONS PUBLIQUES!


  • Le phénomène du Yébi au Sénégal (La récompense de la belle fille à la belle-famille après l’accouchement), une expression des inégalités au sein de la société sénégalaise

     

    Le « Yébi » est une pratique instaurée par la société sénégalaise qui représente la récompense de la belle-fille à sa belle-famille, après son accouchement, à l’occasion du baptême de son enfant. Les cadeaux en question peuvent être sous forme d’argent et/ou de biens (Tissus prestigieux, draps, accessoires, etc.). C’est une pratique riche de significations socioculturelles. Du point de vue culturel, elle représente l’expression de la gratitude et de la reconnaissance de la belle-fille envers sa belle-famille pour son soutien durant le long de sa grossesse. En outre, en établissant cette norme, la société avait pour vision de faciliter le renforcement des liens familiaux et la consolidation des rapports de solidarité et de respect mutuel entre la belle-fille et la famille élargie. Elle est aussi conçue, par la conscience collective, comme un moyen de transmission des traditions et des valeurs culturelles de la société aux générations suivantes, assurant ainsi la continuité des coutumes et l’adhésion de la femme aux normes sociales et culturelles. Sur le plan social, l’optique derrière le phénomène du « Yébi » est le raffermissement de la cohésion sociale au sein de la famille élargie, en favorisant un esprit de communauté et de coopération.

    Cependant, nos analyses de la société montrent que, même si cela est bénéfique pour renforcer les liens familiaux et exprimer de la gratitude, cette pratique, loin de garantir la stabilité sociale, s’avère être une source de pression sociale et économique pour la belle-fille et sa famille, en plus d’être une injustice sociale notoire. En d’autres termes, c’est la femme qui abandonne le cocon familial où elle est entourée d’amour, de compréhension et de respect, pour s’intégrer à la famille de son conjoint, souvent peu accueillante. Elle doit faire face aux humeurs changeantes, aux exigences et aux attentes de chacun, tout en acceptant, dans beaucoup de cas, la jalousie, les coups bas, les mauvais traitements de la part de sa belle famille, et parfois même de la part de son propre mari. C’est encore elle qui est généralement responsable des tâches ménagères quotidiennes. C’est toujours elle qui porte la grossesse pendant neuf mois, endurant des maux et des insomnies. Après l’accouchement, c’est à elle et à sa famille de récompenser son époux et sa famille en guise de gratitude pour la naissance de l’enfant. Avec un peu de malchance, ils oublieront tout cela, au bout de quelques jours, et lui infligerons de la maltraitance. Souvent, si une femme décide de ne pas se conformer à cette réalité en raison de contraintes financières ou de convictions personnelles, elle fait face à une belle-famille qui lui rend la vie insupportable dans la maison conjugale. Selon les familles, la récompense de la famille élargie, lors de la cérémonie, peut se révéler insuffisante. En effet, si la récompense en soi n’est pas à la hauteur des attentes de la belle famille, ceci peut être source de frustration chez cette dernière et de mauvais traitement contre la femme mariée. Cela dit, la plupart du temps, les conditions de vie de la belle-fille dans la maison conjugale dépendent de plusieurs facteurs, dont sa capacité à accomplir cette tâche et le montant déboursé à cette fin. Par conséquent, si la femme appartient à une famille aux ressources financières modestes et surtout, si son époux fait partie d’une famille financièrement stable, la grossesse peut constituer une source de pression et de stress énormes. Cela incite souvent la femme mariée et sa famille à participer à des tontines dès les premiers mois de la grossesse, dans le but de se préparer davantage et d’éviter l’humiliation de ne pas être en mesure de se conformer à cette norme ou de ne pas avoir les moyens de satisfaire la belle-famille à la hauteur de ses attentes. En concevant ainsi le rôle de la femme dans le couple, la société fragilise davantage cette dernière, perpétue les inégalités sociales et occasionne l’instabilité sociale.

    En résumé, cet article porte un regard critique sur le phénomène du « Yébi » instauré par la société sénégalaise. Il met en évidence le rôle central des femmes dans la fami.lle, la complexité des liens familiaux et l’influence des traditions sur la solidarité sociale. Bien qu’elle présente des avantages, elle soulève également des défis en termes de pression sociale et économique pour les femmes et leurs familles. Ainsi, il est de la responsabilité des hommes de mettre un terme à cette situation, bien que cela puisse s’avérer ardu. Il s’agit là d’une norme assez contraignante qu’il est difficile d’éradiquer et qui a fait l’objet d’une transmission intergénérationnelle. Si les hommes tentent de l’enrayer, ils feront face à une forte résistance de la part de leur famille. Toutefois, la justice sociale exige des sacrifices. Les femmes, étant dans une position inconfortable, ne peuvent pas, à elles seules, porter ce combat. Les hommes sont plus adaptés, puisqu’il s’agit là de leur propre famille. La belle famille est tout naturellement plus indulgente s’il s’agit de leur enfant biologique que si c’est la belle-fille qui entreprend la résistance. Il faut des hommes forts, courageux pour bannir cette norme qui ne fait que menacer l’ordre social.


    HALIMATOU KEITA, SOCIOLOGUE DE LA FAMILLE ET DE L’ÉDUCATION, ÉTUDIANTE EN COMMUNICATION ET RELATIONS PUBLIQUES!

     


  • L’INCOMPATIBILITÉ D’HUMEUR, UNE DES CAUSES LES PLUS RÉCURENTES DU DIVORCE, NÉGLIGÉE PAR LA SOCIÉTÉ!

    Dans mon article portant sur Les rapports de domination entre l’homme et la femme dans la société sénégalaise, j’ai eu à soulever un certain nombre de causes de la recrudescence des divorces de nos jours. Cette fois-ci, je vais mettre en évidence une autre, très banalisée par la société et qui figure aussi parmi les causes les plus fréquentes.

    Dans le processus de construction d’une relation amoureuse, la plupart du temps, dans certaines circonstances, la personne vous montre, par ses interactions avec vous, qui elle est vraiment, sa vision du couple et la manière dont elle compte vous traiter après le mariage. Une multitude d’unions s’écroulent de nos jours après seulement quelques jours, voire quelques mois, parce que certains préfèrent se voiler la face et s’agripper à leurs relations au nom de l’amour, en sachant pertinemment que leurs partenaires ne correspondent pas à leurs attentes. Ils espèrent ainsi qu’ils deviendront une meilleure version d’eux-mêmes avec le temps. Cependant, le mariage, en raison de sa complexité, nécessite bien plus que de l’amour pour fonctionner harmonieusement. Au-delà de l’amour, la compatibilité est un point essentiel dans un couple. De nombreux mariages se terminent par un divorce pour incompatibilité d’humeur après une courte période de vie commune, comme l'atteste Mame Cheikh Ndiaye, coach en développement personnel : « L’incompatibilité d’humeur demeure la racine de tous leurs maux. Ce qui justifie que ces derniers ne prennent pas le temps de se connaître… ». (Recrudescence des divorces au Sénégal : Les trois causes les plus fréquentes par Ndèye Fatou Kébé)


    Un homme, dans une démarche anonyme, confie : « J’étais marié avec ma cousine et chacun tirait de son côté, on ne parvenait pas à trouver un terrain d’entente et c’est ce qui a causé notre divorce. Depuis lors, je n’ai pas essayé de recoller les morceaux ni de chercher à construire une autre relation, ayant peur de revivre la même déception». (Recrudescence des divorces au Sénégal : Les trois causes les plus fréquentes par Ndèye Fatou Kébé) 


    Au Sénégal, elle est l’une des raisons les plus fréquentes de divorce d’un point de vue juridique. Cependant, sur le plan social, il est généralement perçu comme étant insuffisant pour entraîner une séparation, car la société est influencée par des normes, des valeurs et des croyances religieuses profondément ancrées concernant l’institution du mariage.

     

    Il est important de savoir que, même avec toute notre bonne volonté, il est impossible de changer une personne qui refuse de remettre en question sa vision du monde, aussi injuste soit-elle. Tout se trouve dans les non-dits. D’où la nécessité de faire preuve d’attention, d’être doté d'un bon sens du détail pour voir plus clair la nature de la personne au-delà de ses mots. Il est essentiel de s’unir à des gens qui partagent nos valeurs, notre style de vie, ceux-là qui adhèrent à nos principes, avec qui l’on a une vision similaire de la vie en couple. Si, par exemple, vous faites partie des gens qui ont un attachement particulier pour les droits de la personne, qui sont épris de justice, choisissez des partenaires qui répondent à ces critères, qui accordent une grande importance à vos droits et à votre personne. Alors seulement, vous constaterez que cela fait toute une différence de vivre avec votre prototype de partenaire, la personne qui correspond à votre profil. La vie sera aisée, remplie de joie, et la communication sera fluide et naturelle. Tous les êtres ne sont pas destinés à former un couple. Le mariage est très important, mais bien choisir son/sa partenaire de vie l’est encore plus.



    Choisissez avec soin vos conjoints et conjointes !


     

    HALIMATOU KEITA, SOCIOLOGUE DE LA FAMILLE ET DE L’ÉDUCATION, ÉTUDIANTE EN COMMUNICATION ET RELATIONS PUBLIQUES!

  • LES RAPPORTS DE DOMINATION ENTRE L’HOMME ET LA FEMME DANS LA SOCIÉTÉ SÉNÉGALAISE!


    Cet article est le fruit de notre réflexion sur les rapports de domination entre l’homme et la femme au sein de la vie de couple dans la société sénégalaise.

    N.B. Cette réflexion ne s’inscrit pas dans l’optique de prendre la défense des femmes ni de formuler des reproches à l’égard des hommes. Il s'agit là juste d'une contribution pour décrire des faits que nous avons constatés afin qu’aussi bien les hommes que les femmes puissent prendre un recul et effectuer une introspection.

    Il ressort de nos observations que beaucoup d’hommes africains sont fermés à l’idée d’entretenir un débat contradictoire avec les femmes. Plutôt que de faire preuve d’attention pour recueillir les informations utiles dans leurs propos, ils ont tendance à s’offusquer, se barricader face à des femmes qui savent s’affirmer, défendre leurs idées. Et apparemment, ils considèrent cet échange d’idées comme un danger pouvant leur faire perdre la face devant ces femmes et remettre en question leur autorité. Ils ont tendance à leur apposer l’étiquette de féministe, de femmes anticonformistes, autoritaires, rebelles, etc., afin de mettre fin au débat et de leur dépouiller de ce courage de faire valoir leurs opinions. Pourtant, à l’ère où nous sommes, ces échanges d’idées, plutôt que de constituer une menace pour l’autorité de l’homme, se révèlent fructueux en ce sens qu’ils permettent l’émergence de nouvelles connaissances, de meilleures façons d’agir, de penser, d’interagir avec les autres, de vivre en société. Et transposée dans la vie de couple, cette ouverture au dialogue se révèle être le moyen qui facilite une meilleure connaissance mutuelle des deux partenaires, des attentes de l’un envers l’autre et donc de bâtir des relations solides à une forte cohésion. Ce dernier point est essentiel et nous permet d’entrer dans le vif du sujet que nous souhaitons développer aujourd’hui, à savoir les concepts d’autorité et de soumission dans la vie de couple, un sujet que nous considérons d’actualité, puisque beaucoup de couples s’effritent à cause des conflits tournant autour de ces deux concepts.

    N’a-t-on pas une fois entendu, lors d’une dispute de couple, l’homme traiter sa partenaire de femme rebelle, insoumise, irrespectueuse, autoritaire au moment où, parallèlement, celle-ci lui reproche de manquer à ses devoirs en termes de respect, de considération, d’attention, d’écoute, de transparence, etc., pour justifier sa rébellion? À défaut d'avoir vécu, une fois dans sa vie, un tel scénario ou d’y avoir assisté, on a sans doute une fois connu un (e) ami (e) ou une sœur ou un frère ou l’ami d’un ami se plaindre de ce genre de situation dans sa vie de couple. Il s’agit là d’un cas assez récurrent qu’il n’est pas difficile de croiser autour de soi. Alors, pourquoi cette confusion? Pourquoi beaucoup de couples traversent-ils ce genre de conflits de telle sorte qu'il devient souvent difficile de déterminer qui a tort et qui a raison, tant chacun des concernés semble détenir la vérité de son côté? C’est à cette question que nous allons tenter de répondre.

    Ce serait minimiser la complexité de ce fléau, que de réduire l’explication de son fondement à un seul phénomène. Il existe une multitude de causes. Ces conflits peuvent provenir aussi bien de la femme que de l’homme. Le concept de parité mis en avant depuis un certain nombre d’années n’est pas en reste, mais, dans un premier temps, nous tenons à soulever une autre des causes dont on ne parle pas assez souvent, à notre avis, mais qui nécessite des efforts de sensibilisation récurrents tant son rôle dans l’anéantissement des liens conjugaux est énorme.  En effet, conformément à nos observations, nous avons pu remarquer que beaucoup d’hommes sont en déphasage avec l’état d’avancement actuel de la société. Pour ce qui concerne les femmes, l’analyse de ce phénomène viendra en deuxième position.

    En fait, ce qu’il ne faut pas perdre de vue est que le concept de l’autorité de l’homme sur la femme a cessé d’être ce qu’elle était dans la société traditionnelle depuis longtemps. Jadis, dans une multitude de cas, même si l’homme avait des comportements qui vont à l’encontre de ses devoirs conjugaux envers sa femme, celle-ci pouvait avoir tendance à se fondre dans la résignation, puisque, selon elle, cette résignation est la clé de voûte de la réussite de sa progéniture.  Et cette croyance est le fruit d’une construction sociale qui débute depuis l’enfance. La société au cours du processus de socialisation a réussi à incorporer chez la femme l’idée selon laquelle sa soumission totale à son homme constitue un élément indispensable pour assurer un avenir radieux à ses enfants, les proverbes wolofs suivants l’illustrent bien comme « Kou gnoulouk sa dieukeur yak sa dom » et « ligueyou Ndeye agnoup dom » (la réussite des enfants dépend de la soumission de la femme à son époux). Par conséquent, cette soumission se révèle comme normale, naturelle, obligatoire pour elle. Ceci pour dire qu’avant, la femme avait une connaissance limitée de ses droits. Elle tendait plus à se conformer aux normes sociales établies, ainsi, elle pouvait être plus flexible face à son partenaire. Il faut noter aussi que cette conception de la soumission n’émane pas de la religion, mais plutôt de la société. Et cette sorte de répartition inégale des rôles entre la gent masculine et la gent féminine dans plusieurs domaines a engendré et engendre encore beaucoup d’injustices pour les femmes. La forte pression que la conscience collective fait subir aux femmes au moment où les hommes bénéficient d’une grande marge de manœuvre amène la majeure partie de ces derniers à accomplir des actes peu conformes aux normes de la vie conjugale en s’attendant, parallèlement, à ce que les femmes s’y assujettissent sans formuler aucune forme de refus. Et cette réalité est toujours présente. L’adultère est une parfaite illustration de cette assertion. La religion musulmane, par exemple, prévoit exactement la même sanction aussi bien pour l’homme que pour la femme qui commet l’adultère « La fornicatrice/ az-zâniya et le fornicateur/az-zâniy, fouettez- les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l’exécution de la loi d’Allah - si vous croyez en Allah et au jour dernier. Et qu’un groupe de croyants assiste à leur punition. » S24. V2. Pourtant, la plus haute punition que l’homme adultère reçoive de la société est de se voir apposer l’étiquette d’homme infidèle, un « charmeur ». En revanche, quand il s’agit de la femme, elle se verra persécutée, jugée, marginalisée, bannie par la société. Elle subira une répression tellement brutale et féroce que sa vie s’en retrouve anéantie. L’idée ici n’est pas de légitimer l’adultère pour quiconque, mais juste d’illustrer comment la société, à travers les traitements inégaux entre l’homme et la femme, a fini par engendrer certaines injustices sociales.

    L’autre illustration qu’il convient de mentionner est les répartitions des tâches entre les hommes et les femmes. La société a attribué les travaux domestiques à la femme et, parallèlement, le devoir de travailler et de subvenir aux besoins financiers de sa famille à l’homme. Ainsi, des stéréotypes visant à limiter la place de la femme au foyer ont été instaurés. Pourtant, du point de vue religieux, il est établi que la femme n’est pas destinée à s’occuper obligatoirement des tâches ménagères, dans son article  Quel rôle pour la femme dans les systèmes de la choura islamique? Kamal Znidar, écrivain marocain, postule que « Dieu n'a pas créé la femme pour s'occuper uniquement de ses enfants et de son mari. Il n'a jamais limité son rôle à sa perfection de bien manier, un aspirateur, un four, le lave-linge, et masser le corps des hommes après les travaux et les déplacements fastidieux. Ce joli trésor est loin d'être une esclave ou une bonne. Elle est une perle précieuse qui ne différencie pas beaucoup de l'homme, qui doit étudier, œuvrer et apporter un plus à l'humanité comme le reste des hommes. ». Et ce passage coranique vient appuyer cette thèse « Entraidez-vous dans l'accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Dieu, car Dieu est, certes, dur en punition !} Verset 2 de la Sourate 5. Autrement dit, les théories de l’inégalité des sexes entre l’homme et la femme découlent d’une idéologie machiste et sexiste visant à freiner « la montée des femmes dans un monde égalitariste et méritocratique où la concurrence (religieuse, politique et socioprofessionnelle) sera pure et parfaite ». En réalité, tant l’homme que la femme doivent travailler fort et s’entraider harmonieusement afin de contribuer au bien-être de la société. « L’Islam avait pour objectif l’émergence de générations de grandes femmes qui vont marquer l’histoire humaine par leurs idées et leurs œuvres dans tous les domaines de la vie sociale, politique, culturelle, scientifique, économique, etc. Mais ceux qui ont dirigé le monde après la fin du règne des califes bien guidés avaient une vision opposée à tout ça. ». (Kamal Znidar, Quel rôle pour la femme dans les systèmes de la choura islamique?).  

    La mauvaise interprétation de l’inégalité des sexes proviendrait selon Mouhamed Chérif Ferjani du verset coranique qui stipule « “Les hommes leur (c’est-à-dire aux femmes) sont supérieurs d’un degré” (2/228) (Mouhamed Chérif Ferjani, Islamisme et droits de la femme). Un verset qui a été par la suite repris par les islamistes pour élaborer l’idée d’une suprématie de l’homme sur la femme.  Sayyid Qutb, poète et essayiste égyptien, un cadre dirigeant des frères musulmans, a eu à apporter des éclaircissements en précisant que l’inégalité entre l’homme et la femme dont il s’agit est différente de ce qui a été largement relayé et normalisé en ces termes « Entre les sexes, l’égalité de la femme avec l’homme est totale du point de vue de l’appartenance à l’espèce humaine et des droits de la personne. La distinction n’est instituée qu’au regard des considérations relatives aux possibilités, à l’expérience et à la responsabilité (de l’homme et de la femme) ; ce qui n’affecte pas le statut humain des deux sexes. Là où il y a égalité de possibilités (naturelles), d’expérience et de responsabilité, ils sont égaux. Là où ils diffèrent en quoi que ce soit, l’inégalité doit être en conséquence. ».

    Cependant, vous n’êtes pas sans savoir que la société a connu beaucoup de mutations économiques, sociales, culturelles et politiques entre temps (la scolarisation des femmes, l’avènement des technologies de l’information et de la communication, la mondialisation, l’insertion des femmes dans le milieu professionnel, etc.).  Il n’est plus un secret, aussi, que ces changements intervenus dans la société ont eu un grand impact sur l’éducation des individus ainsi que sur l’éveil des consciences.  Ainsi, IL EST FONDAMENTAL DE SAVOIR QUE L’AUTORITÉ N’EST PLUS UN ACQUIS FIGÉ, DÉFINITIF, ABSOLU comme elle pouvait l’être avant dans la majorité des cas. ELLE NE S’ACQUIERT PAS, non plus, PAR LE MOYEN de la CONTRAINTE, mais plutôt PAR MÉRITE. Elle doit subir une GESTION NATURELLE, CONSTANTE ET QUOTIDIENNE pour que SA PÉRENNITÉ SOIT ASSURÉE Cela dit, au même titre que la gent masculine, les femmes sont devenues de plus en plus conscientes de leurs droits et devoirs. Elles savent davantage distinguer le juste de l’injuste, le normal de l’anormal, l’acceptable de l’inacceptable. Nous ne sommes plus à l’ère de la société traditionnelle où la soumission s’acquérait dès le début de la vie de couple sans risque de changement pendant toute sa durée. Les choses ont changé, parce que la mentalité des individus a évolué. Au début de la vie de couple, la femme se soumet tout naturellement à l’homme, lui voue une énorme considération par amour, certes, mais aussi dans le but de se conformer aux normes religieuses et sociales. Cependant, il est à retenir que, pour conserver cette autorité et éviter de tomber de ce piédestal, il lui faut être à la hauteur. Il s’agit aujourd’hui davantage d’une logique de réciprocité, portée par un sentiment de justice qui anime les femmes. J’ai décidé d’écrire ce texte parce que, à travers mes observations, je constate un fossé important entre la conception que certains hommes se font des notions de soumission et d’autorité et ce que ces notions sont devenues dans la réalité concrète actuelle. Et ceci crée beaucoup de difficultés dans les couples. En réalité, au fil des années, ces transformations intervenues au sein de la société ont créé des conditions qui obligent les individus à trouver des mécanismes d’adaptation sociale afin de mieux s’intégrer dans la cité. Toutefois, force est de reconnaître que, malgré ces efforts d’ouverture à la modernité, ils évoluent toujours consciemment ou non avec certaines normes de la structure sociale traditionnelle. Une preuve que la rupture culturelle n’est jamais totale, comme l’atteste Ludwig Josef Johann Wittgenstein « Tout ce qui rompt maintient en partie ce contre quoi il rompt. Tout ce qui intègre, intègre également des éléments dont il tient à se distinguer ». Cet attachement à cette vision paternaliste de la domination masculine se présente comme l’une des causes fondamentales de l’affaiblissement de la vie de couple de nos jours. La réalité est que les femmes aussi ont des attentes de la part des hommes en termes de respect, de considération, d’attention et de transparence pour continuer à ressentir l’envie de se soumettre. « La soumission doit être une réaction naturelle à une direction aimante. Quand un mari aime sa femme, comme Christ a aimé l’Église (Éphésiens 5.25-33), il est naturel pour sa femme de se soumettre à lui. ». (Verset biblique) L’homme qui manque à ses devoirs conjugaux sans se soucier des attentes de sa partenaire ne peut espérer en retour occuper toujours la place initiale qu’il avait dans la vie de celle-ci et vice versa. Les femmes sont devenues plus exigeantes maintenant parce que plus conscientes. Et le problème réside dans le fait que certains hommes semblent perdre de vue cet état de fait. Ils restent toujours fidèles, sur plusieurs points, à la configuration initiale de la société. Ils semblent ignorer ou négliger qu’il est devenu fondamental de déconstruire, de s’émanciper de cette culture patriarcale d’origine qui promeut la détention de l’autorité par les hommes à l’exclusion explicite des femmes et de revoir la place de celles-ci dans le couple. Ceci est souvent fait par ignorance de la vérité ou pour éviter de perdre les privilèges, la facilité que leur confèrent les rapports sociaux de genre tels qu’ils ont été établis par la société. Ainsi, ils ont tendance à poser certaines actions qui suscitent l’insatisfaction et la frustration de leurs partenaires, comme le manque de respect, la négligence, l’infidélité, la violence, les cachotteries et le manquement volontaire à leurs devoirs financiers et psychologiques, en s’attendant à ce qu’elles se soumettent à leur volonté. Ils sont, parallèlement, étonnés de se heurter à la rébellion de ces dernières, qui veulent à tout prix faire respecter leurs droits en tant qu’êtres humains, en particulier en tant que femmes. C’est aussi un autre fait qui explique la désobéissance des femmes dans certains couples et la confusion qui en découle, ce qui rend difficile pour les deux partenaires de déterminer qui est responsable. En termes plus clairs, certains hommes, du fait de cette construction sociale, considèrent la soumission totale de la femme normale, même lorsqu’ils dérogent aux normes du lien marital. Les femmes, cependant, en raison de leur prise de conscience, trouvent légitime et très raisonnable leur refus à s’assujettir si elles considèrent que leurs droits sont bafoués. C’est là d’où vient la confusion, puisque chacun, dans ce cas de figure, est convaincu de détenir la vérité de son côté.

    Pourtant, la religion a bien encadré ces notions d’autorité et de soumission puisque, selon elle, « Dieu a créé la femme à partir d’une côte de l’homme, non de sa tête pour la diriger, ni de ses pieds pour être écrasée par lui, mais de son côté pour être son égale, sous ses bras pour être protégée, et près de son cœur pour être aimée. » (Matthew Henry, un commentateur biblique). En outre toujours selon la bible « La soumission dont il est question en Éphésiens 5 ne permet pas au mari d’être égoïste et dominateur. Dieu lui demande d’aimer sa femme (verset 25) et il a la responsabilité devant lui d’obéir à ce commandement. Il doit exercer son autorité avec sagesse, grâce et crainte de Dieu, à qui il devra rendre des comptes. ».

    Par ailleurs, les mutations qui ont bouleversé le déroulement de la société n’ont pas épargné les femmes. Autrement dit, les femmes non plus ne sont pas en reste, puisqu’elles aussi subissent les répercussions de ces changements. Il advient dans une multitude de situations que cela soit la femme qui est à l’origine de l’instabilité de son couple en délaissant ses obligations maritales. Les soubassements d’une telle situation sont multiples. L’indépendance économique, l’émancipation, la scolarisation, le recul de la religion, la sexualité, la belle-famille, etc., sont autant de phénomènes qui sont à l’origine de cette situation. Déjà, si les défenseurs de l’émancipation de la femme ont contribué à la sensibilisation de celle-ci par rapport à ses droits conjugaux, force est de reconnaître qu’ils ont, d’une certaine manière, engendré le désengagement d’une masse importante de femmes de leurs devoirs conjugaux. En effet, il s’est agi que la population détient une connaissance limitée des véritables combats des tenants de l’émancipation de la femme. Ces derniers, dans leur mission de conscientisation de la gent féminine, mettent principalement l’accent sur le droit à l’affranchissement légal des femmes au sein de la famille et de la société de manière générale à travers l’expression « égalité entre les époux ». Et cette expression même, fait l’objet de confusion au sein de la société aussi bien chez les hommes que chez les femmes. En effet, L. Frank dans Essaie sur la condition politique de la femme nous explique leur combat en ces termes «Abolir la puissance maritale et fonder le droit de famille sur le principe d’égalité entre les époux, concéder aux femmes le droit de faire un honnête usage de leurs facultés et rendre à tous sans aucune distinction de sexe, les métiers, les emplois, les professions libérales, les carrières industrielles et autres, enfin reconnaître aux femmes une part d’intervention dans la gestion et le règlement des intérêts publics ». Nous voyons, ainsi, que leur engagement s’inscrit dans une logique d’amélioration des conditions de vie de la femme dans un contexte où, comme il a été expliqué plus haut, la société avait fini par dépouiller la femme de toute son autonomie en instaurant cette vision paternaliste de la domination masculine. Seulement, leur mission subit une interprétation qui prête à confusion. En plus, en omettant de fournir autant d’efforts pour rappeler constamment aux femmes, par souci d’impartialité, qu’à côté de leurs droits pour lesquels elles se battent, elles avaient aussi des obligations à remplir pleinement envers leurs époux, un climat de confusion s’est installé chez une multitude de femmes et d’hommes qui ont été égarés par l’égalité des époux qu’ils prônent.

    Conséquemment, les tensions s’intensifient au sein des couples, car, dans le processus de revendication de leurs droits, certaines femmes tendent à négliger leurs obligations conjugales, se percevant comme totalement autonomes, tandis que, parallèlement, les hommes s’offusquent, estimant leur autorité menacée et cherchant à la préserver. En outre, avec leur indépendance économique, beaucoup de femmes ne sentent plus l’obligation d’endosser le poids du mariage avec tout ce qu’il implique comme engagement. Ainsi se multiplient les situations de négligence envers les partenaires, le manque de respect; certaines vont même jusqu’à s’engager dans des relations extraconjugales, autant d’éléments qui rendent aujourd’hui la gestion des ménages plus complexe et contribuent à l’augmentation du taux de divorce. Et c’est souvent elles-mêmes l’initiatrice de la séparation. Dans son article « Émancipation des femmes », S. Déploige confirme cette thèse : « De fait, voyez les statistiques : c’est l’épouse qui demande le plus souvent de briser le lien matrimonial. » 

    Dans sa thèse intitulée « Mariage et divorce à Dakar : itinéraires féminins », la chargée de cours à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Fatou Binetou Dial, soutient, à cet effet, que « Le Sénégal est passé du statut de mariage précoce au statut de mariage tardif… Les jeunes sénégalais sont les derniers à se marier en Afrique de l'Ouest. L'étude révèle aussi la précocité des divorces à Dakar. De nos jours, les divorces interviennent très tôt, dans les 5 premières années ».

    L’autre point essentiel que nous tenons à soulever parmi les répercussions de ce concept d’émancipation de la femme dans la vie de couple est L’IMMATURITÉ AFFECTIVE. L’accès des femmes au monde du travail leur laisse de moins en moins de temps pour s’occuper de l’éducation des enfants. En effet, la famille demeure le centre névralgique de l’apprentissage et de la connaissance. Les parents sont les premiers acteurs responsables de l’éducation des enfants. Dans la société traditionnelle, dans la majorité des cas, c’est la femme qui demeurait à la maison pour s’occuper des enfants et leur inculquer les valeurs, les normes, croyances sociales et religieuses. Elle se chargeait de définir pour les enfants la trajectoire de socialisation idoine pour chacun d’entre eux selon leur sexe (féminin ou masculin). De ce fait, les garçons recevaient un style d’éducation qui, du fait des conseils, des jouets qu’on leur procurait (voiture, maison, etc.), le type de sanction qu’ils recevaient en cas de déviation, etc., les préparait à devenir un responsable capable de subvenir aux besoins financiers de sa famille, de la protéger, de la mettre sous un toit, etc. La fille, de son côté, recevait une éducation différente. Elle était préparée à devenir une épouse soumise, douce, dévouée à son mari, capable de cuisiner, de s’occuper de ses enfants, entre autres, à travers le traitement qu’elle recevait de ses parents (douceur, attention etc…), les conseils (soumission, respect envers les ainés…), les jouets (cuisines, ustensiles de cuisine, bébés, maquillage, etc.). Ils (les garçons et les filles) se voyaient aussi inculquer les valeurs de ngor (loyauté), diom (dignité), maturité, etc. Ceci pour dire qu’ils étaient tous les deux, en fonction de leur genre, responsabilisés, dès l’enfance, par rapport à l’engagement matrimonial et la vie de couple. Toutefois, de nos jours, la femme est confrontée à une réduction considérable de sa disponibilité en raison de ses responsabilités professionnelles. Conséquemment, elle ne bénéficie plus de tout le temps qu’elle avait pour remplir pleinement ce rôle. Pendant ce temps, l’homme, de son côté, est, lui aussi, tenu de toujours travailler afin d’être en mesure de continuer à accomplir ses responsabilités financières. Sur ce, une partie considérable de l’éducation des enfants est assurée par l’école, les technologies et de l’information et de la communication, les médias sociaux, les amis, l’entourage, etc. Il en découle une immaturité émotionnelle d’une masse importante d’enfants, aussi bien chez les garçons que chez les filles par ce qu’ils n’ont pas suivi le même processus de socialisation qui devait les préparer à assumer avec maturité et responsabilité, leurs rôles d’époux et d’épouse une fois devenus adultes. L’immaturité émotionnelle, encore appelée immaturité affective, représente, selon Max, dans son article Développement personnel, « un adulte dont le comportement peut être qualifié d’enfantin. Certains de ses actes ou décisions sont donc en complète contradiction avec son âge. ». Fixation excessive sur les figures parentales, égocentrisme marqué, faible tolérance à la frustration, immaturité affective et sexuelle, impulsivité et difficulté à établir des relations humaines stables, etc., sont les caractéristiques d’une personne atteinte d’immaturité affective, selon Gilles Lherbier et Alexis CAMPO dans L’immaturité psychoaffective. Elle constitue également une source supplémentaire de ces tensions et de la récurrence des séparations, dans la mesure où de nombreux jeunes s’engagent dans le mariage de manière impulsive, sans en mesurer pleinement les tenants et les aboutissants : soit par imitation de leurs pairs, dans le but de satisfaire le fantasme de vivre l’effervescence festive liée à l’organisation du mariage, soit pour céder à la pression sociale de l’entourage, soit pour assouvir leurs désirs charnels, soit encore par amour, en méconnaissant qu’au-delà de ce sentiment, le mariage, en raison de sa durée et de sa complexité, requiert de nombreuses autres considérations.

    Au fond, même si le modèle de configuration paternaliste de la société connaît beaucoup de limites, il présente quand même l’avantage de préparer les jeunes à l’engagement marital. Jadis, le taux de divorce n’était pas aussi élevé que de nos jours. Toutefois, il reste un modèle inadéquat en ce sens qu’à côté de cet avantage, il dépouille la femme de toute son autonomie, de ses droits fondamentaux, et engendre une multitude d’injustices. Déjà, comme rapportées dans la deuxième partie de l’article, la longévité et la stabilité de certaines de ces unions étaient dues au fait que les femmes avaient coutume de se résigner, quelle que soit la situation. Si elles restaient à la maison pour s’occuper de l’éducation des enfants et du foyer de manière générale, elles sacrifiaient, au même moment, les autres droits que la religion leur confère : droit de travailler, d’apporter sa contrition dans les autres sphères de la vie (économique, social, politique, etc.) et ce même schéma se reproduisait de génération en génération. Il convient, donc, de repenser un modèle de société plus équitable, qui sera en mesure de minimiser les dégâts des mutations dans le respect des droits des individus (hommes comme femme).

    Finalement, comme dénouement de cette fragilité de l’institution qu’est le mariage, je prône le retour aux textes religieux. La solution idoine à ces conflits conjugaux n’est pas une bataille entre les hommes et les femmes. Ce n’est pas une lutte des femmes contre les hommes ni l’inverse, qui règle le problème. Il s’agit plutôt d’un combat qu’ils doivent mener ensemble, parce qu’ils sont tous, inconsciemment, sous l’emprise d’influences externes qui, même si elles prétendent être motivées par un désir de consolidation de la cohésion sociale, contribuent, quand même, à la perpétuation des inégalités de genre et, conséquemment, à la déstabilisation des fondements de notre société. Et pour rétablir l’ordre social, une émancipation de la lecture masculine des textes religieux s’impose, pour cela, il leur faut tous développer plus d’engagements personnels dans l’appropriation des préceptes religieux. Autrement dit, les hommes comme les femmes doivent se lancer dans la recherche de la vérité par eux-mêmes, et ceci en effectuant une lecture des textes religieux dans l’optique de découvrir avec transparence des développements qui permettent de reconnaître l’identité, la place, le rôle et les droits de chacun au sein de la société et particulièrement dans la vie de couple. D’ailleurs, lors d’un débat sur les rapports de domination entre l’homme et la femme, Tariq Ramadan soulève un autre point essentiel «95% du discours musulman sur leur rôle parle des femmes en tant que mère, en tant qu’épouse, en tant que fille, mais pas en tant que femme. Nous avons à développer un discours féminin. J’appelle les femmes à une lecture du coran à être engagées dans les sciences islamiques, à développer quelque chose qui doit être une présence sociale ». 

    En outre, aussi bien l’homme que la femme doivent s’assurer de remplir pleinement leur rôle l’un envers l’autre pour minimiser les risques de frustration, de conflit, et ainsi assurer la cohésion du couple. Pour cela, je préconise le respect des droits de chacun, mais aussi le renforcement de la communication dans le couple.  Selon Léa Debise, « Dans une relation amoureuse, la communication est particulièrement importante, car elle permet de renforcer la confiance, de mieux se comprendre mutuellement et de s’engager dans une relation émotionnelle profonde » (article : La communication dans le couple). Il ne s’agit, évidemment, pas de n’importe quel type de communication, puisque, si elle ne s’accompagne pas d’une écoute active qui implique une volonté manifeste de connaitre les attentes, les préoccupations de l’autre afin de fournir les efforts nécessaires pour les satisfaire, elle se révèle inutile et infructueuse.  Il est important d’écouter l’autre, mais avoir l’honnêteté et la grandeur de reconnaitre sa culpabilité, le cas échéant, et de se réajuster l’est encore plus. Les conflits sont inhérents à la vie de couple, mais ceci n’est pas une raison de les ignorer et une communication sincère avec une volonté manifeste de les résoudre est essentielle « Pour autant, les moments de désaccords au sein d’un couple sont également normaux … La communication permet de résoudre ces points de désaccord en échangeant ses opinions avec son partenaire, afin que les discordes ne perdurent pas ». (la clinique E Santé, 5 conseils pour rétablir la communication dans votre couple), d’où l’importance de l’échange d’idées dont nous avons parlé au niveau de la première partie de l’article.

    En résumé, l’essence de cette réflexion consiste à présenter une description objective d’un phénomène observé, notamment les tensions dans le couple et les séparations, qui contribuent au renforcement de l’instabilité sociale. Elle vise également à proposer une explication sociologique de son origine, ce qui permettrait tant aux hommes qu’aux femmes de faire une introspection et de réfléchir à des moyens d’améliorer leurs conditions de vie sociale et matrimoniale. Le but est de rappeler, à chacun de nous, notre devoir de déférence envers les droits de la personne, quel que soit le sexe, notamment en matière de respect, de considération, d’attention, de transparence et de bon traitement, afin de, sinon, mettre fin aux injustices, du moins les réduire considérablement. Il s’agit aussi d’encourager la société dans son ensemble (hommes et femmes) à s’informer sur les préceptes religieux et à les appliquer comme ils ont été prévus par la religion, sans distinction de genre, dans le souci d’enrayer les inégalités de genre et de consolider la cohésion sociale.

                                                                                                                          HALIMATOU KEITA, SOCIOLOGUE DE LA FAMILLE ET DE L’ÉDUCATION, ÉTUDIANTE EN COMMUNICATION ET RELATIONS PUBLIQUES!


  • Qui êtes-vous ?

    Ma photo
    Je suis une sociologue de la famille et de l'éducation et une étudiante en communication et relations publiques. Éprise de justice, et une passionnée de rédaction d'articles, j'ai décidé de mettre en œuvre cette passion au profit de l'intérêt général. Le but de mon blog est de pointer du doigt les tares de notre société dont certaines sont normalisées, banalisées. En mettant en place ce blog, je me fixe comme objectif de promouvoir une société juste où les droits humains sont minutieusement respectés.

    Rechercher dans ce blog

    Archives du blog

    Le poids des jugements de valeur!

      N ous avons souvent tendance à nous attarder plus sur les effets que sur les causes des phénomènes. Les jugements de valeur ont un pouvoir...

    AVIS








    Vos avis :